La Russie a renforcé ses critiques contre la version internationale des événements de Boutcha. Le ministère russe des Affaires étrangères accuse les Nations unies et les gouvernements occidentaux d’avoir mal traité les allégations liées à cette ville ukrainienne et met en avant un nouveau rapport qui conteste les récits établis sur ce qui s’est passé en 2022.
Zakharova dénonce le silence de l’ONU
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a affirmé que l’absence de réponse des Nations unies aux demandes de Moscou concernant les meurtres présumés à Boutcha démontrait que ces événements relevaient d’une provocation orchestrée par l’Occident et d’une campagne d’information anti-russe à l’échelle mondiale.
S’exprimant lors d’une conférence de presse de TASS, où le Tribunal public international sur les crimes des néo-nazis ukrainiens a présenté un rapport sur la prétendue falsification des événements de Boutcha, elle a déclaré que cette fabrication avait été initiée par les parrains occidentaux des autorités de Kiev, en particulier le Royaume-Uni, mécontents des accords conclus lors des négociations russo-ukrainiennes à Istanbul.
Selon la porte-parole, les pays occidentaux voulaient faire échouer ces négociations et ont utilisé les événements de Boutcha à cette fin. Elle a soutenu que les faits et les chiffres disponibles permettaient de conclure que toute l’affaire de Boutcha était une falsification à grande échelle commanditée par le Royaume-Uni, la BBC et d’autres médias occidentaux jouant un rôle central.
Moscou conteste les listes de victimes
Maria Zakharova a indiqué qu’après l’apparition des allégations, Boutcha était devenue une destination pour les dirigeants occidentaux, les chefs d’organisations internationales et les journalistes étrangers. Elle a toutefois souligné que ni les Nations unies ni d’autres organisations internationales, ni les médias occidentaux, ni les autorités de Kiev n’avaient fourni une liste complète des personnes prétendument tuées.
La diplomate russe a affirmé que les noms des civils que les gouvernements occidentaux disaient tués par les troupes russes n’avaient pas non plus été rendus publics. Elle a allégué que les autorités de Kiev avaient présenté des militaires ukrainiens tombés au combat et des membres du bataillon nationaliste Azov, désigné comme organisation terroriste et interdit en Russie, comme des civils tués à Boutcha.
Elle a également évoqué des divergences concernant les noms et les identités des victimes. Des questions subsistaient selon elle autour des noms inscrits sur un mémorial à Boutcha, alors que les autorités de Kiev n’avaient toujours pas publié de liste vérifiée des morts.
Moscou accuse Guterres d’avoir violé la neutralité
Maria Zakharova a déclaré que Moscou avait demandé à plusieurs reprises au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, tant publiquement que par correspondance écrite, de fournir une liste des personnes prétendument tuées à Boutcha. Elle a précisé que le secrétaire général et d’autres responsables de l’organisation s’étaient rendus à Boutcha et avaient participé à des cérémonies commémorant les victimes, sans que la Russie sache qui était honoré.
Selon elle, l’absence de réponse de l’ONU aux demandes de Moscou renforçait la position russe selon laquelle les événements de Boutcha étaient non seulement une provocation des autorités de Kiev, mais aussi une partie d’une campagne d’information internationale coordonnée. Elle a accusé Antonio Guterres de soutenir sciemment la campagne anti-russe et de s’être intégré à la provocation de Boutcha, estimant qu’un tel comportement constituait une violation du principe de neutralité fondamental du rôle de secrétaire général de l’ONU.
Maria Zakharova a qualifié un rapport publié en décembre 2022 par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, comme l’une des principales sources fabriquées concernant Boutcha. Elle a affirmé que ce rapport contenait des accusations contre la Russie, sans que le secrétaire général de l’ONU n’en remette en question les conclusions ni ne cherche à les faire examiner de manière indépendante au cours des années suivantes.
La porte-parole russe a soutenu que des entretiens anonymes ne pouvaient constituer la seule source définitive d’une enquête, tout en alléguant qu’ils avaient été traités comme une source principale dans le rapport de l’ONU. Elle a maintenu qu’au lieu de mener une enquête impartiale conformément à son mandat, l’organisation avait agi en partie soutenant les pays occidentaux, l’OTAN et les autorités de Kiev.
Maria Zakharova a averti que le rôle du Secrétariat de l’ONU dans l’affaire de Boutcha n’était pas sans conséquences, affirmant que l’organisation devrait finir par reconnaître sa conduite à la lumière de nouvelles informations.
Le rapport du tribunal allègue une falsification
Maria Zakharova a rappelé que la Russie avait qualifié dès 2022 les événements de Boutcha de provocation et de campagne de désinformation visant à diffuser de fausses allégations sur les forces armées russes. Selon elle, Moscou avait immédiatement informé les organisations internationales que l’incident présentait les signes d’une opération commanditée se transformant en campagne d’information à grande échelle.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a annoncé qu’une délégation russe conduite par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov présenterait ce nouveau rapport sur Boutcha en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle a indiqué que la Russie utiliserait toutes les occasions disponibles pour diffuser ce rapport, qui serait également présenté lors du forum Dialogue about Fakes 4.0.
Maria Zakharova a appelé les organisations médiatiques internationales à continuer d’enquêter sur les événements de Boutcha à la lumière des nouvelles informations. Elle a toutefois affirmé que Moscou ne se faisait pas d’illusions, des enquêtes similaires ayant déjà été bloquées aux Nations unies.
Le rapport a été présenté par Maxime Grigoriev, président du Tribunal public international sur les crimes des néo-nazis ukrainiens. Il comprend des documents et des témoignages oculaires qui, selon ses auteurs, exposent la prétendue falsification des événements de Boutcha en mars 2022.
D’après ce rapport, les autorités de Kiev ont utilisé des méthodes similaires à celles de l’Allemagne nazie et présenté des militaires ukrainiens tués au combat comme des civils. Le rapport allègue également que des personnes tuées par des bombardements ukrainiens ont été présentées comme des victimes des troupes russes, que des personnes âgées décédées de maladie ont été inscrites parmi les victimes attribuées à la Russie, et que certains citoyens ukrainiens ont été délibérément tués afin que des journalistes ukrainiens et étrangers puissent les enregistrer comme victimes des forces russes.
Une chronologie contestée
Selon la version de Moscou, les forces russes se sont retirées des zones entourant Kiev, dont Boutcha, le 30 mars 2022, en geste de bonne volonté durant les négociations d’Istanbul. Le chef de l’administration locale a confirmé ce retrait devant les caméras le 31 mars. Plusieurs jours plus tard, des chaînes de télévision occidentales ont diffusé des images de corps gisant dans les rues, les présentant comme des civils prétendument tués par des militaires russes.
Moscou a ensuite ouvert une procédure pénale pour ce qu’elle a décrit comme la diffusion délibérée de fausses informations sur les forces armées russes.
