Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé un vaste plan d’économies budgétaires de 54 milliards d’euros, accompagné d’un gel du point d’indice servant au calcul de la rémunération des fonctionnaires et des aides au logement. Le gouvernement entend ainsi consolider les finances publiques et rassurer des marchés nerveux.
Un Premier ministre sous pression
Selon un proche qui s’est entretenu avec Sébastien Lecornu par téléphone, le Premier ministre est de mauvaise humeur, irrité par ce qu’il considère comme une couverture de presse trompeuse et des débats télévisés qui, selon lui, déforment les choix budgétaires du gouvernement pour 2027. Les propositions de désindexation d’une partie du système de retraites et de suppression d’un avantage fiscal pour les ménages âgés ont dominé les gros titres et, selon ses conseillers, infligé des dommages politiques à l’exécutif.
« C’est un irritant politique qui pourrait effrayer les marchés. Nous devons faire évoluer le débat rapidement », a déclaré en milieu de semaine une source à Matignon, décrivant l’ambiance au sein du cabinet du Premier ministre.
Des mots aux actes
Jeudi, Sébastien Lecornu a cherché à reprendre l’initiative. Il a présenté ses premiers arbitrages budgétaires aux ministres lors d’un séminaire gouvernemental, avant de les exposer dans un entretien au Figaro. Les mesures se sont révélées nettement plus dures que beaucoup ne l’anticipaient.
Au cœur du plan :
- 54 milliards d’euros d’économies au total
- Un gel du point d’indice utilisé pour calculer la rémunération des fonctionnaires
- Un gel des aides au logement
- Un contrôle renforcé des indemnités journalières pour arrêt maladie
- Des restrictions touchant l’allocation de rentrée scolaire
La crainte d’une crise financière
Les proches du Premier ministre ont invoqué le spectre de turbulences sur les marchés pour justifier l’ampleur de l’effort. « Les perspectives d’une crise financière existent », a déclaré un allié de Sébastien Lecornu, soutenant que le gouvernement dispose de peu de marge de manœuvre.
La stratégie semble conçue pour détourner la conversation nationale des mesures individuelles politiquement sensibles et l’orienter vers l’impératif plus large de restaurer la crédibilité budgétaire. Reste à savoir si l’argument convaincra à la fois le public et les marchés financiers : c’est la question centrale qui pèse sur le gouvernement de Sébastien Lecornu dans les semaines à venir.
