L’astronaute française Sophie Adenot a entamé mercredi 7 octobre son voyage de retour, mettant fin à une mission de huit mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS) qu’elle a admis quitter avec « une touche de nostalgie ». La colonelle de l’Armée de l’air a passé au total 235 jours en orbite à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, établissant un nouveau record de la plus longue mission orbitale continue pour un astronaute européen.
Cette réussite marque un exploit remarquable pour la première mission de la pilote de 44 ans, qui a réalisé un rêve d’enfance en devenant la deuxième Française de l’histoire à atteindre l’espace.
Le voyage de retour en cours
Adenot et ses trois coéquipiers — les Américains Jessica Meir et Jack Hathaway, ainsi que le Russe Andreï Fediaïev — ont accueilli vendredi à bord de l’ISS les quatre astronautes de l’équipe Crew-13, venus les relever. L’équipage sortant a consacré ses derniers jours à la passation des responsabilités.
Leur voyage de retour, d’une durée prévue de plus de 27 heures, a débuté à 14h05 heure de Paris avec le désamarrage de leur capsule Dragon de l’ISS.
Après plus d’une journée de trajet, les astronautes traverseront l’atmosphère à très grande vitesse avant que le vaisseau ne soit ralenti dans les dernières minutes de vol par de puissants parachutes, en vue d’un amerrissage dans l’océan Pacifique au large de la Californie. La Nasa a programmé cet amerrissage pour jeudi à 17h34 heure de Paris.
La capsule sera ensuite hissée à bord d’un navire spécialisé, et les astronautes seront extraits puis installés sur des brancards ou des sièges adaptés afin de prévenir les risques d’évanouissement et de chute.
Un programme de récupération
Adenot et ses collègues seront ensuite transportés par hélicoptère jusqu’à terre, puis s’envoleront vers Houston, au Texas, où se trouve le centre de la Nasa responsable des astronautes.
De là, Adenot rejoindra Cologne, en Allemagne, pour entamer un programme de récupération d’environ trois semaines au centre d’entraînement des astronautes de l’Agence spatiale européenne.
Native de Cosne-Cours-sur-Loire, dans la Nièvre, qui a fêté ses 44 ans à bord de l’ISS en juillet, elle a décrit la sensation de vieillissement accéléré de son corps dans l’espace : cheveux blancs, perte de souplesse, baisse de la vision.
Dans l’espace, le corps s’adapte à l’absence de gravité, ce qui entraîne une perte osseuse, une fonte musculaire, un déconditionnement cardiovasculaire et des troubles visuels. Il lui faudra de nombreux mois d’entraînement physique ciblé pour retrouver sa condition physique d’avant le vol.
Première Française à marcher dans l’espace
À bord de l’ISS, au-delà de ses apparitions à l’écran la tête en bas ou les cheveux flottants, et de ses communications empreintes d’un enthousiasme constant, la pilote d’hélicoptère a marqué l’histoire spatiale.
Adenot est devenue la première Française à s’aventurer dans le vide spatial lors de trois sorties extravéhiculaires (EVA), les 18 et 25 août et le 1er septembre.
Ces trois sorties, totalisant 19 heures et 42 minutes, resteront le « point culminant » de son séjour. « J’espérais effectuer quelques sorties extravéhiculaires, mais je ne m’attendais pas à en faire trois d’affilée en 15 jours. C’était une expérience extraordinaire », a-t-elle confié, comparant la sortie de la station à la sensation d’« ouvrir une portière de voiture et se retrouver les pieds au bord d’une falaise ».
Au cours de ces huit mois, l’astronaute française a également mené plus de 200 expériences scientifiques destinées à préparer de futures missions spatiales et à faire progresser la science sur Terre.
