Un lycée polyvalent de Lormont, près de Bordeaux, a été partiellement détruit lors d’une intrusion survenue jeudi, en marge d’une mobilisation étudiante qui touche la France depuis plus d’une semaine. Selon le proviseur de l’établissement, les dégâts sont estimés à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Une journée qui avait bien commencé
La journée au lycée polyvalent de Lormont a débuté par une assemblée générale qui s’est « très bien » déroulée entre élèves, enseignants et administration, selon le proviseur Thierry Malewicz. La situation s’est toutefois rapidement dégradée aux abords de l’établissement.
« Un groupe de têtes brûlées, encagoulées bien sûr, masquées, lançaient des pierres sur les forces de l’ordre », a rapporté M. Malewicz.
Une intrusion organisée et des dégâts importants
L’intrusion a eu lieu au moment où les élèves partaient pour la manifestation. Selon le procureur de Bordeaux Renaud Gaudeul, qui a ouvert une enquête, « un groupe de 30 à 40 personnes » a pénétré dans l’enceinte. Il les a décrites comme « plutôt jeunes, pas nécessairement tous mineurs », agissant avec « une volonté de saccage ».
L’ampleur des destructions est importante :
- Plusieurs salles de classe ont été dévastées, avec des vitres et du matériel informatique brisés
- Au moins dix ordinateurs, d’une valeur de 3 000 euros chacun, ont été volés
- Une salle abritant des fournitures de papier pour la section arts graphiques a été incendiée, causant des dégâts estimés entre 100 000 et 200 000 euros
- Le personnel et les élèves ont été confinés puis évacués pendant l’intervention des pompiers
Des condamnations officielles
Les responsables de l’éducation ont rapidement dénoncé ces violences. « C’est le contraire de ce pour quoi les lycéens se battent quotidiennement depuis dix jours », a déclaré le recteur d’académie Jean-Marc Huart.
La préfète Sophie Brocas a souligné que « le dialogue est établi » et a jugé « très regrettable que d’autres causent des dégâts ». Le vice-président de la Région, Jean-Louis Nembrini, a qualifié la situation d’« déchirante », rappelant que la Région consacre « plus de 170 millions d’euros à des investissements dans les lycées ».
Une autre intrusion, sans dégâts, a contraint un lycée de Talence à suspendre ses cours.
Des violences éclatent dans le centre-ville de Bordeaux
À Bordeaux même, la manifestation a rassemblé 2 800 personnes selon les chiffres de la préfecture et s’est déroulée dans le calme avant que des individus ne commencent à incendier des poubelles dans le centre-ville. Les forces de l’ordre ont répondu aux jets de projectiles par des tirs de gaz lacrymogène.
Un incendie a notamment visé une annexe du commissariat central. « Les pompiers sont intervenus rapidement et nous avons extrait deux collègues des locaux », a indiqué une source policière.
Un mouvement étudiant toujours en cours
Ces dégradations interviennent dans le cadre d’un mouvement étudiant soutenu, marqué par de nombreux blocages de lycées à travers la France. Le gouvernement a annoncé le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants et la suspension de l’usage des grenades de désencerclement lors des manifestations étudiantes. Un nouveau « acte V » de la mobilisation est déjà prévu pour mardi.
