Douze personnes ont été arrêtées cette semaine en lien avec un réseau de narcotrafic et deux homicides qui ont marqué la Côte-d’Or, dans l’est de la France, selon le parquet. Les autorités présentent les suspects comme ayant occupé des rôles allant de tueurs à gages et chauffeurs à commanditaires et logisticiens.
Une vague de violences qui a choqué la région
Les faits ont débuté en septembre de l’année dernière. Un ambulancier et père de famille a été tué par balle dans sa voiture, devant son domicile, dans un quartier résidentiel de Marsannay-la-Côte, près de Dijon. Trois jours plus tard, une fusillade a éclaté au centre de Dijon, faisant un mort et un blessé grave devant de nombreux témoins.
« Il y avait deux jeunes hommes, l’un au volant et l’autre sur le siège passager. Le passager était au sol, baignant dans une flaque de sang, avec une balle dans la mâchoire. Et l’autre, je pense qu’il était en train de mourir », a raconté un témoin.
Une enquête d’un an mobilisant des unités d’élite
Huit personnes avaient été placées en garde à vue peu après les faits. Au terme d’une enquête d’un an menée avec l’appui du GIGN, l’unité d’intervention de la gendarmerie nationale, et du RAID, unité tactique spécialisée de la police, douze nouveaux suspects ont été interpellés dans la Côte-d’Or, l’Yonne, l’Oise, le Var et la Haute-Garonne. Certains purgeaient déjà des peines de prison pour d’autres infractions.
Selon le procureur de la République de Dijon, Arnaud Viornery, chaque suspect avait un rôle précis. « Les protagonistes de ces deux crimes sont soupçonnés d’avoir été tueurs à gages, chauffeurs, commanditaires ou logisticiens », a-t-il déclaré.
Une bataille pour le territoire
Les enquêteurs estiment que ces homicides découlent d’une vive rivalité entre trafiquants locaux et équipes venues d’autres villes, toutes en concurrence pour le contrôle des points de deal dijonnais.
« C’est une guerre de position, une guerre de domination. Parce qu’aujourd’hui, dans le narcotrafic, ce qui compte, c’est le terrain — le territoire que l’on contrôle », a affirmé Romain Ruiz, avocat de prévenus dans plusieurs affaires de fusillades.
Une arme de poing et des munitions ont également été saisies lors de l’opération. Au total, quinze personnes ont désormais été mises en examen en lien avec les deux meurtres.
