L’Arabie saoudite a confirmé mercredi qu’une attaque visant un bâtiment d’Aramco dans l’est du royaume avait déclenché un incendie « limité », alors que le président américain Donald Trump a accusé le mouvement houthi yéménite de « se comporter très mal », dans un contexte de nette escalade des hostilités.
Incendie sur un site d’Aramco à Dhahran
Un responsable du ministère saoudien de l’Énergie a indiqué qu’un bâtiment administratif appartenant au géant pétrolier Aramco à Dhahran avait été touché mardi soir. L’incendie qui en a résulté a été qualifié de « limité », le responsable faisant état d’« aucun blessé ni décès ».
L’agence de défense civile du royaume a par ailleurs annoncé mercredi que des débris de deux missiles houthis interceptés avaient blessé quatre personnes dans la capitale, Riyad, et endommagé 15 habitations.
Frappes de la coalition contre des sites pétroliers au Yémen
Ces attaques ont suivi une vague de frappes mardi de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre des sites pétroliers dans l’ouest du Yémen, lancées en représailles à l’assaut le plus meurtrier subi par le sol saoudien depuis des années.
Le porte-parole de la coalition, Turki al-Maliki, a déclaré sur X que les frappes menées dans la capitale sous contrôle houthi, Sanaa, et dans les provinces occidentales de Dhamar et Saada, visaient des installations utilisées pour « alimenter l’effort de guerre » des houthis afin de « menacer le royaume, le Yémen, le sud de la mer Rouge et les voies navigables ».
Une puissante explosion a ensuite retenti dans la capitale saoudienne, déclenchant une alerte téléphonique aux habitants les avertissant que « la ville de Riyad fait face à une menace aérienne hostile ».
Un témoin, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a décrit avoir vu « un projectile traversant le ciel » au-dessus d’un centre commercial alors qu’il marchait le long d’une grande avenue de Riyad, laissant « une traînée de lumière jaunâtre suivie d’une traînée de fumée. Puis, nous avons entendu une explosion ».
« Les gens étaient calmes, personne ne parlait. Nous avions peur et nous regardions tous le ciel », a ajouté le témoin. D’autres explosions ont été signalées à Riyad mercredi.
Ordres d’évacuation et menaces
Après une série de frappes houthies sur des aéroports et des installations énergétiques saoudiennes ces derniers jours, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a émis son premier ordre d’évacuation dans la capitale yéménite depuis l’escalade de la guerre en juillet, avant d’attaquer l’installation de la Yemen Petroleum Company en périphérie de Sanaa.
Une alerte d’information en continu sur la chaîne Al-Masirah, affiliée aux houthis, a indiqué que « l’agression saoudienne » avait visé la compagnie pétrolière.
Les houthis avaient auparavant menacé de cibler l’aéroport international de Riyad, une raffinerie et une installation d’Aramco à Dammam si la frappe se poursuivait, appelant les citoyens à éviter ces lieux.
De nombreux pays ont émis des avertissements de voyage pour leurs ressortissants en Arabie saoudite. La France a récemment conseillé à ses ressortissants d’éviter les aéroports de Riyad, Djeddah et Dammam.
Une attaque meurtrière contre un aéroport attire l’attention des États-Unis
Une frappe contre l’aéroport international de Riyad samedi a tué 13 personnes et suspendu les opérations, marquant l’attaque la plus grave contre le royaume depuis 2015.
L’assaut contre l’aéroport a poussé Trump à déclarer qu’il envisageait de se joindre aux frappes saoudiennes contre les houthis. Écrivant sur sa plateforme Truth Social mardi, il a affirmé que « les houthis se comportent très mal », les accusant d’agir « probablement à la demande de l’Iran ».
« Je pensais qu’ils avaient retenu la leçon il y a un an, quand nous les avons bombardés sans relâche », a ajouté Trump, imputant la responsabilité à Téhéran. « Ils sont restés silencieux longtemps, mais maintenant ils réapparaissent, probablement à la demande de l’Iran, qui est une nation défaillante, sans marine, sans armée de l’air, avec la pire économie du monde et 301 % d’inflation, d’une manière très méchante, frappant l’Arabie saoudite, et cherchant délibérément à faire grimper les prix du pétrole, probablement avant les élections américaines — pas gentil. »
Les houthis ont mis en garde les États-Unis contre toute intervention. Le membre du bureau politique Mohammed Al Bukhaiti a déclaré que le groupe ciblerait les intérêts américains dans la région, ajoutant que la campagne contre les cibles saoudiennes visait à envoyer un message au prince héritier « qu’il ne peut plus mener d’agression contre le Yémen depuis une position sûre ».
Le cabinet saoudien, dirigé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, avait promis plus tôt mardi qu’il « ne permettra pas que sa sécurité ou la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb soient menacées ».
Une crise humanitaire qui s’aggrave
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite soutient militairement le gouvernement yéménite internationalement reconnu contre les houthis depuis 2015, dans une guerre civile prolongée qui a produit une grave crise humanitaire.
Au Yémen, la reprise des combats accroît le risque de flambées de maladies infectieuses. L’Organisation mondiale de la santé a indiqué mardi que les cas suspects de choléra avaient triplé en trois semaines, avertissant que la charge croissante de maladies met à rude épreuve des hôpitaux qui traitent déjà des victimes de guerre.
