La récolte de châtaignes en Ardèche a été réduite de moitié par la sécheresse et les canicules à répétition, selon le comité interprofessionnel de la filière. Ce département français assure près de la moitié de la production nationale.
Un début de saison prometteur
Le printemps laissait pourtant présager le meilleur. « Les arbres étaient beaux, on partait sur une année qui s’annonçait exceptionnelle », se souvient Olivier Baratier, président du Comité interprofessionnel de la châtaigne d’Ardèche.
Puis la météo a changé. « Le manque d’eau et les températures excessives ont fait des dégâts », explique-t-il. « Le châtaignier est une espèce assez résiliente, mais avec des canicules en mai, juin, juillet et août, les exploitations ont beaucoup souffert. »
La récolte, qui vient de commencer, s’annonce « très difficile ». L’an dernier, elle avait atteint près de 5 200 tonnes. « Cette année, ce sera moitié moins au maximum », selon Olivier Baratier.
Des fruits plus petits, un label protecteur
Les châtaignes sont non seulement moins nombreuses, mais aussi nettement plus petites. « L’arbre se met en mode défense, et le fruit ne grossit pas », précise Olivier Baratier.
Une appellation d’origine protégée créée il y a 20 ans, qui a contribué à valoriser les variétés traditionnelles cultivées en Ardèche, permettra aux producteurs de vendre ces petites châtaignes à un prix correct, limitant ainsi les dégâts économiques. « Mais cela n’améliorera en rien les comptes des agriculteurs », avertit-il.
Une pénurie européenne qui touchera les consommateurs
Pour les consommateurs, la mauvaise récolte à l’échelle européenne devrait se traduire par une hausse des prix. « La chaleur ne s’est pas arrêtée aux frontières. L’Espagne et le Portugal ont aussi de mauvaises récoltes », souligne Olivier Baratier.
En Italie, premier producteur européen, la situation est un peu moins critique au niveau national, avec une production en baisse de 25 pour cent par rapport à l’an dernier. Résultat : les châtaignes se négocient à près de 65 pour cent de plus sur le marché de gros.
Un appel aux consommateurs
Face à ces circonstances exceptionnelles, Olivier Baratier invite les amateurs à ne pas délaisser les variétés traditionnelles cultivées en France, par opposition aux hybrides entre espèces.
« Ce sont de petites châtaignes, d’accord, mais leur saveur est bien supérieure à celle des variétés hybrides que l’on peut trouver », affirme-t-il, preuve que pour les châtaignes grillées, la taille n’est pas tout.
- L’Ardèche assure près de la moitié de la production française de châtaignes.
- La récolte de l’an dernier a atteint près de 5 200 tonnes ; celle de cette année pourrait être deux fois moindre.
- Les prix de gros italiens ont augmenté de près de 65 pour cent.
- L’Espagne et le Portugal font également état de faibles rendements.
