Un rapport publié lundi 19 octobre
Human Rights Watch a accusé l’armée régulière malienne et ses alliés paramilitaires russes d’avoir tué des civils, selon un rapport publié lundi 19 octobre. L’organisation de défense des droits humains met également en cause les forces insurgées du pays, leur reprochant des « abus » et des violations des lois de la guerre.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, alimentée par la violence de groupes jihadistes, de gangs criminels communautaires et de mouvements séparatistes touaregs.
La junte se tourne vers la Russie
La junte au pouvoir au Mali depuis deux coups d’État en 2020 et 2021 s’est tournée vers la Russie pour l’épauler dans sa lutte contre les jihadistes, en faisant notamment appel aux services de paramilitaires du groupe Wagner, devenu Africa Corps en 2025.
Depuis plusieurs années, les abus commis contre les civils par l’armée et ses alliés paramilitaires russes — anciennement Wagner et désormais Africa Corps — sont largement documentés.
Des dizaines de civils tués et blessés
L’armée malienne et ses alliés russes ont « tué et blessé des dizaines de civils lors d’attaques et en détention » dans le centre et le nord du Mali, selon HRW. Dans son communiqué, l’ONG indique avoir documenté « deux frappes apparemment indiscriminées de drones militaires maliens ».
La première, menée le 29 juillet dans le village de Talhandak, dans la région de Kidal, au nord, a « partiellement détruit un établissement de santé ». La seconde, le 19 août, sur un marché de Tombonkore, dans la région de Bandiagara, au centre du Mali, a tué « six personnes et blessé au moins 20 » civils.
HRW ajoute que des soldats maliens ont « abattu cinq filles » le 12 juillet lors d’une opération dans la région de Ségou, au centre du pays. Des miliciens dozo alliés à l’armée auraient « tué trois civils » les 27 et 28 juillet dans la région de Mopti, également dans le centre.
Les insurgés accusés de tortures et d’exécutions
L’organisation de défense des droits humains accuse par ailleurs les combattants islamistes et séparatistes touaregs d’avoir « violé les lois de la guerre en torturant et en exécutant des soldats maliens capturés ».
