Un couvre-feu interdisant la circulation des mineurs non accompagnés a été instauré dans deux communes de Guadeloupe, au lendemain d’une nuit de violences urbaines qui a laissé des commerces détruits, des barricades en feu et trois policiers blessés, sur fond de montée des tensions liées au mouvement contre la vie chère dans les territoires ultramarins.
Un arrêté préfectoral pour les moins de 18 ans
Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe, a pris un arrêté interdisant à toute personne de moins de 18 ans de circuler sans être accompagnée d’un adulte détenteur de l’autorité parentale à Pointe-à-Pitre et aux Abymes. La mesure est entrée en vigueur dimanche à 20 heures et court jusqu’à lundi 6 heures.
Le préfet a indiqué que cette restriction visait « avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se retrouver sur les lieux de violences ». Il a relevé que les forces de l’ordre avaient observé « de nombreux mineurs au sein des groupes d’émeutiers ».
Barricades incendiées et commerces pillés
Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs barricades ont été incendiées et « plusieurs commerces et entreprises ont été vandalisés, voire détruits », selon la préfecture. Le média local Guadeloupe La 1ère a rapporté que « les commerçants ont tout perdu, des habitants ont vu leurs voitures endommagées, des infrastructures ont été vandalisées et les rues sont jonchées des restes de barricades incendiées ».
Les forces de sécurité ont essuyé une pluie de projectiles et des « tirs » lors des affrontements, au cours desquels trois policiers ont été blessés, a précisé la préfecture.
Des violences urbaines similaires ont également perturbé des manifestations à La Réunion, où des poubelles, du mobilier urbain et des véhicules ont été incendiés. Le syndicat Alliance Police a condamné ces affrontements violents et appelé le préfet à déployer d’importants renforts policiers.
Le préfet dénonce des violences alors que les discussions sont rompues
M. Devimeux a condamné « avec la plus grande fermeté ces actes de violence inacceptables », ajoutant qu’ils constituaient des infractions qui « ne peuvent être confondues avec l’expression pacifique de revendications ».
Cette flambée survient dans un contexte de vives tensions dans l’archipel des Caraïbes. Depuis mercredi, un collectif hétérogène baptisé « Nou las Palé » — créole pour « Nous sommes fatigués de parler » — bloque les grands axes routiers pour protester contre la vie chère.
La mobilisation avait déjà été marquée par des violences vendredi, lorsque six policiers ont été blessés et des gendarmes ont été visés par des « jets d’acide ». Le préfet a pour l’heure interrompu les discussions avec le collectif, dont il dit ne pas reconnaître la légitimité.
