Le président américain Donald Trump a qualifié mardi Marine Le Pen de « voix conservatrice » de la France, sur fond de troubles qui agitent le pays, sans pour autant apporter un soutien formel à la candidate d’extrême droite en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Interrogé dans le Bureau ovale par un journaliste de l’AFP qui lui demandait s’il soutenait Marine Le Pen, Donald Trump a déclaré : « Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais rencontrée, mais je pense qu’elle a été traitée injustement. Cela me fait penser à une instrumentalisation » de la justice.
Un clin d’œil à son avance dans les sondages
» Il me semble, vous savez, qu’elle était en tête. Mais après cela (les violences), elle est clairement… elle est la voix conservatrice « , a affirmé le président américain.
Lorsque Marine Le Pen avait été condamnée en première instance en mars 2025 à une peine de cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, Donald Trump avait déjà dénoncé ce qu’il appelait une « chasse aux sorcières » menée par « les gauchistes européens qui utilisent l’arme judiciaire pour faire taire la liberté d’expression ». Sa peine a depuis été réduite à 15 mois, déjà purgés, ce qui lui permet de se présenter à l’élection de 2027, où elle est largement favorite dans les sondages.
Elon Musk, très impliqué dans les élections européennes et accusé d’ingérence, avait déclaré en juillet que Marine Le Pen était « le dernier espoir de la France ».
Marine Le Pen garde ses distances
Depuis plusieurs années, Marine Le Pen cherche à tempérer son soutien à Donald Trump, contrairement à certains de ses alliés d’extrême droite en Europe, bien plus enthousiastes.
Après avoir qualifié son élection de 2016 de « bonne nouvelle » pour la France, elle s’était montrée plus mesurée en 2024, lui adressant ses « vœux de réussite » et déclarant que « la démocratie américaine s’est clairement exprimée et les Américains se sont librement donné le président qu’ils ont choisi ».
Plus récemment, elle s’est montrée plus critique envers Donald Trump, notamment sur son intervention en Iran — « Il fait le contraire de ce qu’il a promis », avait-elle déclaré en juin — et a jugé « très insultants » ses propos envers la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Elle trouve toutefois un terrain d’entente avec le président américain sur d’autres sujets, notamment l’aide à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie. La candidate du Rassemblement national a affirmé qu’elle la « maintiendrait pendant six mois » après son élection avant de la couper, « parce que nous n’avons plus les moyens de le faire ».
En avril 2025, après sa condamnation en première instance, le directeur de recherche d’Ipsos, Mathieu Gallard, avait expliqué pourquoi le soutien de Donald Trump était « très gênant » pour Marine Le Pen. « Les dirigeants du RN n’ont pas manqué de remarquer que Donald Trump est très impopulaire en France. Les différentes dimensions de sa politique — à l’international, sur l’Ukraine, ses propos sur Gaza, sa stratégie commerciale ou encore les aspects sociétaux — sont largement rejetées dans l’opinion publique », avait-il déclaré.
Donald Trump s’empare des troubles français
La situation en France a animé le président américain ces derniers jours. Il s’est à plusieurs reprises emparé des pillages et des émeutes qui ont secoué le pays pour amplifier sa rhétorique anti-immigration à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, qui s’annoncent difficiles pour le Parti républicain dans un contexte de forte inflation.
Lors d’un meeting au Kansas lundi, il a ouvert son discours par un long passage consacré à la France, qu’il a dit avoir été « prise, pillée et incendiée par des migrants, des jihadistes et des communistes ».
« Migrants have conquered France. They must CLOSE THE BORDERS, AND FAST », avait-il écrit plus tôt lundi sur son réseau Truth Social.
