Donald Trump envisagerait de reloger physiquement les journalistes de la salle de briefing de la Maison-Blanche afin d’y aménager une piscine, selon une enquête du New York Times publiée mardi 20 octobre.
D’après le quotidien, le président aurait demandé à plusieurs reprises à son ancienne porte-parole, Karoline Leavitt, de déplacer les reporters hors de la « salle de briefing de presse ». Le projet consisterait à rétablir une piscine qui occupait autrefois cet espace, une configuration que le président aurait à cœur de retrouver.
Une idée ancienne
Le concept n’est pas nouveau. Il avait été évoqué pour la première fois après l’arrivée de Trump au pouvoir en 2017, lorsque l’ancien conseiller Steve Bannon avait proposé de déplacer les journalistes hors de l’aile ouest pour des motifs de « sécurité nationale ». L’idée avait finalement été abandonnée, jugée trop complexe à mettre en œuvre.
Cette fois, la proposition semblerait toutefois avoir gagné du terrain au sein de l’entourage du président. Le 27 septembre, Trump a partagé sur Truth Social un montage opposant la salle de presse actuelle — qualifiée de « fake news » — à une piscine luxueuse aux finitions dorées.
La piscine elle-même n’a rien d’une nouveauté : elle avait été installée en 1933 pour le président Franklin D. Roosevelt, avant d’être recouverte sous l’administration Nixon pour faire de la place aux journalistes. Selon le New York Times, Trump souhaiterait revenir à cette configuration d’origine, les médias pouvant être relogés dans un bâtiment situé de l’autre côté de la rue.
Restreindre l’accès, récompenser les alliés
Pendant des décennies, la présence permanente de journalistes à la Maison-Blanche leur a permis de suivre de près les activités de l’administration. Leur départ marquerait un nouveau tournant symbolique, alors que Trump restreint de plus en plus l’accès de certains médias.
L’Associated Press s’est vu couper son accès à la Maison-Blanche en février 2025 après avoir refusé de désigner le golfe du Mexique sous l’appellation « golfe d’Amérique ».
En septembre, l’administration a révoqué les accréditations de plus de 70 journalistes après avoir annoncé l’exclusion de CNN, MS NOW et Politico, accusés par le président de diffuser des « fake news ». Un juge fédéral a depuis ordonné leur rétablissement.
Parallèlement, la Maison-Blanche accorde davantage de place aux podcasteurs et influenceurs pro-MAGA depuis le début du second mandat de Trump.
Aucun déménagement n’a été annoncé à ce jour. Interrogée par le New York Times, l’administration Trump a toutefois déclaré que « toutes les options sont sur la table ».
