Attaque de Bondi : un Australien innocent ciblé par une campagne de désinformation

Attaque de Bondi : un Australien innocent ciblé par une campagne de désinformation

Un homme injustement nommé comme l’un des auteurs de la fusillade mortelle de Bondi Beach à Sydney est sorti du silence pour dénoncer une campagne de désinformation coordonnée. Sheikh Naveed Akram, citoyen australien, a publié une déclaration vidéo après que sa photographie a été faussement diffusée sur les réseaux sociaux par des comptes soupçonnés d’être liés à des réseaux indiens et afghans, dans le but d’impliquer à tort le Pakistan dans l’attaque.

**L’attaque et les informations officielles**
L’incident, survenu lors d’un événement de Hanoucca dimanche soir, a fait au moins 15 morts et 42 blessés. Les autorités australiennes ont identifié les agresseurs comme étant Sajid Akram et son fils Naveed. Le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, a confirmé que l’aîné Akram était arrivé en Australie avec un visa étudiant en 1998, avant d’obtenir la résidence permanente. Il a précisé que Naveed Akram est un citoyen australien, né en 2001.

**Une victime de la désinformation s’exprime**
Sheikh Naveed Akram, un résident de Sydney de 30 ans sans aucun lien avec les agresseurs, s’est retrouvé au centre d’une fausse rumeur virale. Il explique que des comptes de médias sociaux ont exploité la coïncidence d’un prénom partagé, en prenant sa photo sur Facebook pour l’étiqueter faussement comme un tireur.
« Je n’ai même pas pu dormir cette nuit », a déclaré Akram à l’AFP, décrivant le barrage de messages « terribles ». « Je suis terrifié. Je ne pouvais pas sortir… ma famille est inquiète aussi, c’est donc une période assez difficile pour moi. »
Dans sa déclaration vidéo, il a clarifié son identité, condamné la violence et exprimé sa sympathie pour les victimes. Il vit à Sydney depuis 2018, dirige une entreprise de location de véhicules et a lancé un appel pour signaler les publications nuisibles.

**Un schéma de propagande**
Les accusations contre le Pakistan s’appuyaient sur des vidéos fabriquées et des affirmations non vérifiées, qui n’ont été corroborées par aucune source internationale crédible. Des analystes ont accusé certains médias et comptes de réseaux sociaux indiens et afghans de mener une campagne de propagande coordonnée suite à la fusillade.
Akram a indiqué avoir demandé l’aide du consulat pakistanais pour publier sa vidéo de clarification après que des proches dans la province du Pendjab ont commencé à recevoir des appels téléphoniques alarmants. « Cela détruisait mon image, l’image de ma famille », a-t-il affirmé.

**Des implications plus larges**
Cet incident met en lumière la propagation rapide de la désinformation géopolitique pendant les crises. Le faux récit cherchait à exploiter une tragédie pour attiser les tensions régionales. Akram, malgré son épreuve, a affirmé se sentir en sécurité et appartenir à l’Australie, déclarant : « J’aime ce pays. Je n’ai jamais eu de problème de sécurité ici, les gens sont si gentils. »
Ce cas souligne les défis de la lutte contre les campagnes malveillantes en ligne qui ciblent des individus et des nations avec des preuves fabriquées.