Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé mardi avoir lancé une nouvelle salve de missiles stratégiques vers Israël, notamment Tel-Aviv, et vers des cibles américaines au Moyen-Orient. Cette escalade intervient le onzième jour d’un conflit initié par une offensive conjointe américano-israélienne contre l’Iran le 28 février 2026.
L’opération a mobilisé certains des missiles stratégiques les plus puissants de l’Iran, dont les modèles Fateh, Emad et Kheibar, selon un communiqué des Gardiens de la révolution. Cette annonce a suivi des alertes aux missiles et des sirènes retentissant à Jérusalem.
**Des lignes de front élargies et une crise humanitaire**
Le conflit dépasse désormais l’affrontement direct Iran-Israël, avec des développements majeurs dans la région :
* **Escalade au Liban** : Des frappes israéliennes ont ciblé la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, après des avertissements d’évacuation. L’ONU rapporte plus de 100 000 nouveaux déplacés au Liban en 24 heures, portant le total à plus de 667 000 personnes déplacées par les frappes israéliennes.
* **Pertes diplomatiques** : L’Iran affirme que quatre de ses diplomates ont été tués dans la frappe sur un hôtel à Beyrouth dimanche.
* **Attaques dans le Golfe** : Les Émirats arabes unis ont signalé une attaque de drone ayant provoqué un incendie dans une zone industrielle abritant des infrastructures énergétiques près d’Abou Dabi. Le Qatar a intercepté des attaques de missiles visant Doha, les autorités avertissant de « conséquences sévères » pour les marchés mondiaux de l’énergie.
* **Fermetures d’ambassades** : Plusieurs pays, dont les Pays-Bas, le Danemark, l’Italie et l’Espagne, ont fermé ou transféré leur personnel diplomatique de Téhéran pour des raisons de sécurité.
**Développements militaires et analyse des armements**
Des sources militaires israéliennes indiquent qu’environ 50% des missiles iraniens tirés vers Israël sont équipés d’ogives à sous-munitions qui dispersent des bombettes sur un rayon d’environ dix kilomètres. Ni l’Iran ni Israël ne sont signataires de la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions qui interdit leur usage.
Par ailleurs, le Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que mardi connaîtrait « le jour de frappes le plus intense » sur l’Iran depuis le début du conflit, avec le plus grand nombre de chasseurs, de bombardiers et de frappes déployés à ce jour. L’armée américaine a aussi rapporté avoir ciblé des navires iraniens poseurs de mines dans des voies d’eau stratégiques.
**Impact économique mondial et marchés de l’énergie**
Le conflit perturbe significativement les marchés énergétiques mondiaux et les routes commerciales :
* **Détroit d’Ormuz** : Les forces iraniennes ont effectivement bloqué le détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. La marine américaine a escorté son premier pétrolier à travers le détroit mardi.
* **Volatilité des prix du pétrole** : Les prix du Brent ont chuté de plus de 15% à 84,09 dollars le baril suite aux commentaires de Donald Trump laissant entendre que la guerre était « presque » terminée, annulant les pics antérieurs à 119 dollars le baril.
* **Gaz européen** : Les prix du gaz naturel en Europe ont chuté d’environ 15%, suivant la baisse du pétrole.
* **Avertissements mondiaux** : Le PDG d’Aramco, Amin Nasser, a averti de potentielles « conséquences catastrophiques » pour les marchés pétroliers mondiaux si les perturbations persistent, tandis que l’ONU s’inquiète des impacts sur les pays en développement.
**Efforts diplomatiques et réactions internationales**
Le président russe Vladimir Poutine a appelé à une « désescalade rapide » lors d’un entretien avec le président iranien Massoud Pezeshkian, selon le Kremlin. Cet appel a suivi la discussion de Poutine avec Donald Trump la veille.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné ce qu’il a qualifié de « dynamique apparente de représailles » entre belligérants, avertissant que les attaques sur les infrastructures civiles mettent en péril les populations de la région avec des « conséquences potentiellement désastreuses ».
Le président français Emmanuel Macron a convoqué un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale pour examiner la situation. La chancelière allemande Friedrich Merz s’est dite inquiète d’une « escalade dangereuse », notant qu’il n’y avait « clairement pas de plan commun » pour mettre fin rapidement au conflit.
**Sécurité régionale et projections**
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël « brisait les os » du régime iranien mais n’avait « pas encore fini ». Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a pour sa part affirmé qu’Israël ne recherchait pas une « guerre sans fin » et coordonnerait avec Washington le moment de la résolution du conflit.
Le président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti d’une riposte « œil pour œil, dent pour dent » à toute attaque sur les infrastructures iraniennes, soulignant qu’il n’y aurait « aucun compromis ni exception » dans leur réponse.
Alors que le conflit entre dans sa deuxième semaine, avec un élargissement géographique et des conséquences humanitaires croissantes, les efforts internationaux pour contenir la crise font face à des défis grandissants, sur fond d’opérations militaires continues et de perturbations économiques affectant les marchés mondiaux.
