Dans un discours sur l’État de l’Union historique et combatif, le président Donald Trump a présenté son argumentaire en faveur d’une confrontation militaire potentielle avec l’Iran, la présentant comme une étape nécessaire pour empêcher un État terroriste d’obtenir l’arme nucléaire. Ce discours, prononcé devant un Congrès profondément divisé, a également servi de tribune à Trump pour vanter son bilan économique, dans un contexte de cotes de popularité en baisse avant les élections de mi-mandat de novembre.
**L’ultimatum à l’Iran**
Sur fond de renforcement militaire américain significatif au Moyen-Orient, le président Trump a accusé le régime iranien de répandre « le terrorisme, la mort et la haine ». Il a pointé du doigt le soutien de Téhéran aux milices proxy, sa répression intérieure des manifestants et ses programmes de missiles et nucléaires en développement comme des menaces directes.
« Ma préférence est de résoudre ce problème par la diplomatie », a déclaré Trump. « Mais une chose est certaine, je ne permettrai jamais au principal sponsor du terrorisme au monde, ce qu’ils sont de loin, de posséder une arme nucléaire. »
Le président n’a apporté aucun détail nouveau sur ses plans mais a réitéré sa frustration face aux négociations au point mort, suggérant que l’Iran n’avait pas fourni de garanties suffisantes pour mettre un terme à ses ambitions nucléaires. Le discours a apporté peu de clarté à un public américain que les sondages montrent largement méfiant à l’égard de nouveaux enchevêtrements étrangers.
**Les louanges économiques face aux vents politiques contraires**
Cherchant à redéfinir son récit politique, Trump a consacré la première heure de son discours à l’économie, déclarant un « âge d’or » et revendiquant le mérite d’avoir jugulé l’inflation, conduit la Bourse à des records et promulgué des réductions d’impôts.
« Notre nation est de retour — plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais auparavant », a-t-il proclamé sous les acclamations des élus républicains.
Cependant, ce portrait optimiste entre en contradiction avec les données économiques montrant des coûts persistants élevés pour les produits de première nécessité et un récent ralentissement de la croissance. Alors que seulement 36 % des Américains approuvent sa gestion économique selon un sondage Reuters/Ipsos, le discours était une tentative cruciale d’influencer l’opinion publique avant les midterms.
**Une allocution record et houleuse**
Le discours, d’une durée d’une heure et 47 minutes, a établi un nouveau record pour le plus long discours présidentiel devant le Congrès. Si Trump est initialement resté fidèle à son script, évitant ses digressions caractéristiques, le ton est devenu conflictuel lors des discussions sur l’immigration.
Le président s’est engagé dans des échanges houleux avec des élus démocrates, répétant des affirmations sur la criminalité des migrants qui ne sont pas étayées par des études. La représentante Ilhan Omar (D-Minn.) a crié : « Vous avez tué des Américains ! » en réponse aux louanges de Trump envers sa politique d’immigration, faisant référence à des tirs mortels récents d’agents fédéraux.
Des protestations étaient visibles dans toute la chambre. Le représentant Al Green (D-Texas) a été expulsé pour avoir brandi une pancarte faisant référence à une vidéo controversée postée par Trump sur les réseaux sociaux. De nombreuses élues démocrates portaient des pins exigeant la publication de dossiers liés au délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein.
**Politique étrangère et omissions**
Malgré l’accent mis par Trump sur l’Iran, d’autres grands problèmes mondiaux ont reçu une attention minime. Il n’a fait qu’une mention passagère de la guerre Russie-Ukraine à son quatrième anniversaire et a répété une affirmation exagérée selon laquelle il avait « mis fin » à huit guerres.
Notamment, il s’est abstenu d’attaquer les juges de la Cour suprême présents, malgré une récente décision défavorable à sa politique tarifaire, qualifiant la décision simplement d’« malheureuse ».
À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, le discours a souligné une présidence à la croisée des chemins : projetant force et succès économique tout en naviguant sur le chemin périlleux vers une guerre potentielle et de vives frictions politiques nationales.
