Le ministre de l’Intérieur pakistanais, Mohsin Naqvi, a publiquement affirmé qu’un examen oculaire programmé pour l’ancien Premier ministre emprisonné Imran Khan avait été délibérément retardé de trois jours. Il accuse les « tactiques politiques » de sa sœur, Aleema Khan. Cette accusation a été formulée lors d’une conférence de presse à Islamabad, attisant les tensions autour de l’état de santé du fondateur emprisonné du PTI.
Naqvi a détaillé une réunion entre des médecins désignés par le gouvernement et l’équipe médicale personnelle d’Imran Khan, en présence de dirigeants du PTI. Il a déclaré que les médecins de Khan se sont dits satisfaits du traitement fourni, ayant qualifié les soins « d’excellents » et conformes à ce qu’ils auraient prescrit. Selon le ministre, les responsables politiques présents ont également fait part de leur satisfaction.
« Mais tout ce que je peux vous dire, c’est qu’Aleema Khan sahiba a dit à son parti que si nous acceptions cela, l’actualité retomberait. À cause d’elle, la visite médicale n’a pas pu avoir lieu pendant trois jours », a affirmé Naqvi, présentant ce retard comme une manœuvre politique stratégique.
Cette polémique intervient dans un contexte de diagnostic médical grave confirmé. Un rapport soumis à la Cour suprême a vérifié qu’Imran Khan souffre d’une occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR) à l’œil droit, une affection souvent liée à des facteurs de risque cardiovasculaires. Le rapport notait que l’ancien premier ministre s’était plaint d’avoir perdu environ 85% de la vision de cet œil.
La santé de Khan est devenue un point central de la contestation politique. Le PTI et ses alliés d’opposition organisent un sit-in de cinq jours devant le parlement et d’autres lieux, exigeant un meilleur accès aux soins et un transfert à l’hôpital pour leur leader. Le parti a tiré la sonnette d’alarme sur son traitement à la prison d’Adiala, où il est détenu depuis août 2023.
Le ministre Naqvi a contesté ces allégations, insistant sur le fait que le gouvernement fournit « toutes les facilités médicales possibles ». Il a dépeint les actions de l’opposition comme une contradiction, déclarant : « D’un côté, ils disent qu’ils sont très proches, et de l’autre, ils ont politisé cette question à outrance. »
La situation reste volatile, la santé d’Imran Khan et les conditions de son emprisonnement continuant d’alimenter une confrontation politique majeure au Pakistan.
