La France fait face à son plus faible nombre de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec seulement 644 000 nourrissons projetés pour 2025. Pour répondre à ce déclin démographique alarmant, une mission parlementaire a dévoilé plus d’une trentaine de propositions visant à remodeler en profondeur la politique familiale et la place de l’enfant dans la société.
**Une allocation unique pour chaque enfant**
La pierre angulaire du rapport est la création d’une « prestation familiale unique » de 250 euros par enfant et par mois. Cette allocation serait universelle, accordée sans condition de ressources dès le premier enfant et jusqu’à l’âge de 20 ans. La proposition fusionnerait une dizaine d’aides existantes, pour un coût supplémentaire estimé entre 5 et 10 milliards d’euros.
Le rapport plaide pour une nouvelle politique familiale « fondée sur les principes de liberté, d’universalité, de clarté et de stabilité ». Son objectif, selon le rapporteur, le député Jérémie Patrier-Leitus, est d’« aider les Français à concrétiser leur désir d’enfant », un désir que le rapport estime toujours présent mais de plus en plus entravé par des obstacles économiques, professionnels et symboliques.
**Un soutien élargi aux familles et à la société**
Les recommandations vont au-delà des simples versements. Parmi les propositions phares figurent :
* Un congé parental unifié de 12 mois, rémunéré proportionnellement au salaire.
* L’extension du congé de proche aidant aux grands-parents pour la garde occasionnelle.
* L’octroi d’autorisations d’absence pour les parents et grands-parents afin de participer aux temps forts de la scolarité.
* L’exonération fiscale des primes de naissance versées par les entreprises et des prêts à taux zéro pour le logement à la naissance d’un enfant.
« Au-delà de l’État, c’est l’ensemble de la société qui doit s’adapter ; les entreprises et la famille élargie ont aussi un rôle à jouer », a déclaré Jérémie Patrier-Leitus.
**Faire une place aux enfants dans l’espace public**
Le rapport s’attaque également à l’inclusion sociale, en recommandant l’obligation d’espaces adaptés aux enfants dans les trains. Cette proposition intervient quelques semaines après la polémique sur l’espace Optimum « sans enfant » de la SNCF en première classe, perçu comme participant à une tendance « child-free ».
« On ne peut pas d’un côté s’alarmer qu’en France on ne fait plus d’enfants et de l’autre ne plus les tolérer », a affirmé la députée Constance de Pélichy, qui a présidé la mission d’information et a déposé une proposition de loi pour interdire de tels espaces excluant les jeunes.
**Une mise en œuvre politiquement complexe**
Les propositions du rapport ne lient pas le gouvernement. Si certaines mesures « pourraient être mises en œuvre d’ici 2027 », d’autres relèvent « d’un projet présidentiel », selon le rapporteur. Malgré une inquiétude transpartisane sur la démographie, le sujet reste politiquement sensible.
Comme l’a noté Didier Breton, professeur de démographie à l’Université de Strasbourg, il s’agit d’« un terrain assez miné ». La démographie est un phénomène complexe qui nécessite une réflexion politique publique sur le long terme et de manière holistique, rendant le parcours politique de ces propositions incertain.
