Le débat fait rage au Congrès américain ce jeudi, alors que le Pentagone demande un financement supplémentaire de 200 milliards de dollars pour la guerre en cours contre l’Iran. Des élus des deux partis remettent en cause la nécessité de cette nouvelle enveloppe, après le budget de la défense déjà substantiel de l’année dernière. Cette demande survient dans un contexte de violentes attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques stratégiques, qui secouent les marchés mondiaux.
**Les infrastructures énergétiques du Golfe sous le feu**
L’Iran a ciblé par des frappes de missiles et de drones la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, au Qatar, ainsi que des raffineries en Arabie Saoudite et au Koweït. L’attaque nocturne contre le complexe de Ras Laffan, au Qatar, a causé « des dégâts considérables » selon QatarEnergy, privant le pays d’environ 17% de sa capacité d’exportation de GNL et menaçant les approvisionnements vers l’Europe et l’Asie.
Ces assauts ont provoqué des réactions immédiates sur les marchés :
– Le pétrole Brent a bondi de 10% à 119 dollars le baril avant de se stabiliser à 112 dollars.
– Les prix du gaz naturel en Europe ont grimpé de 35%.
– Le Qatar estime ses pertes de revenus annuels à 20 milliards de dollars à cause des installations endommagées.
**Un conflit régional qui s’étend**
Les attaques se sont propagées dans toute la région avec des drones frappant la raffinerie Samref de l’Arabie Saoudite à Yanbu et les raffineries de Mina Abdullah et Mina Al-Ahmadi au Koweït, d’une capacité combinée de 800 000 barils par jour. Même Israël a signalé qu’une raffinerie avait été touchée dans le port de Haïfa après des alertes aux missiles.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a déclaré que le royaume « se réservait le droit de prendre des mesures militaires » en réponse. Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a qualifié ces attaques de « preuve évidente » que l’Iran dépassait sa promesse de ne cibler que les intérêts américains.
**Des questions sur la coordination entre les États-Unis et Israël**
Le président Donald Trump a indiqué qu’il n’avait pas été informé à l’avance du raid israélien sur le champ gazier de South Pars en Iran, qui fournit 70% des besoins domestiques du pays. « Nous nous entendons très bien. C’est coordonné, mais à l’occasion, il fera quelque chose » à quoi les États-Unis s’opposent, a déclaré Trump au sujet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le conflit a exposé des différences tactiques entre alliés, certains commentateurs notant que la campagne manquait de « clarté stratégique, de planification à long terme et d’un état final défini ».
**Réponse internationale et conséquences économiques**
Les grandes économies ont exprimé une inquiétude croissante face à l’impact économique du conflit. Six nations, dont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon, ont annoncé leur volonté de « contribuer aux efforts appropriés pour assurer un passage sûr par le détroit d’Ormuz ».
Le Fonds monétaire international a averti que la persistance de prix énergétiques élevés pourrait augmenter l’inflation mondiale jusqu’à deux points de pourcentage et réduire la production d’un point. L’Organisation mondiale du commerce a projeté que la croissance du commerce des marchandises pourrait ralentir à 1,4% cette année contre 4,6% en 2025 si les prix de l’énergie restent élevés.
**Développements militaires et efforts diplomatiques**
Un avion de chasse américain F-35 a effectué un atterrissage d’urgence sur une base du Moyen-Orient après avoir été touché par ce que l’on croit être des tirs iraniens — c’est le premier impact signalé sur un aéronef américain dans ce conflit. Par ailleurs, les États-Unis ont approuvé des ventes d’armes d’urgence de 16,46 milliards de dollars aux Émirats arabes unis et au Koweït, contournant l’examen du Congrès.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à un arrêt immédiat des hostilités, avertissant que la guerre risquait de dégénérer « complètement ». Plusieurs pays, dont la Chine, l’Inde et la Turquie, ont renouvelé leurs appels à un cessez-le-feu et condamné les attaques contre les infrastructures énergétiques.
**La posture de défi de l’Iran**
L’Iran a répondu aux menaces par la défiance. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti qu’il n’y aurait « ZÉRO retenue » si les infrastructures iraniennes étaient à nouveau touchées. Le commandement militaire Khatam Al-Anbiya a juré la « destruction complète » des infrastructures énergétiques du Golfe si les attaques contre l’Iran se poursuivaient.
Alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine sans fin claire en vue, les conséquences économiques et géopolitiques continuent de s’aggraver, mettant à l’épreuve la diplomatie internationale et menaçant la sécurité énergétique mondiale.
