La Somalie est engagée dans des négociations avancées avec le Pakistan pour l’acquisition de jusqu’à 24 avions de combat JF-17 Thunder Block III. Ce potentiel contrat, évalué à environ 900 millions de dollars, marque l’investissement de défense le plus significatif du pays depuis la Guerre Froide et une étape cruciale pour le rétablissement de ses capacités aériennes de combat souveraines.
**Reconstruction après des décennies d’effondrement**
Les discussions ont pris de l’ampleur suite à une visite à Islamabad en février 2026 du commandant de la Force aérienne somalienne, Mohamud Sheikh Ali. Cette démarche répond au besoin urgent de reconstruire une force de combat à voilure fixe, qui s’est désintégrée avec le gouvernement central somalien au début des années 1990. « Notre espace aérien doit être protégé par des mains somaliennes », a déclaré un officiel du ministère de la Défense somalien, présentant cette acquisition potentielle comme une nécessité militaire et une affirmation de souveraineté politique.
**Une solution stratégique rentable**
Le ministre pakistanais de la Production de défense, Raza Hayat Harraj, a souligné la logique financière de cet accord. « Bien que certaines options occidentales puissent être plus avancées technologiquement, elles coûtent plus de trois fois le prix d’un JF-17, estimé entre 30 et 40 millions de dollars environ », a-t-il affirmé. Les analystes notent que l’attrait de l’appareil va au-delà du prix.
« L’intérêt du JF-17 réside moins dans ses performances absolues que dans l’ensemble du package, qui inclut un coût inférieur, une intégration d’armement flexible, la formation, les pièces détachées et généralement moins de contraintes politiques occidentales », a expliqué un expert en défense basé à Islamabad.
**Performances éprouvées et implications régionales**
L’ancien commodore de l’Air de la Force aérienne pakistanaise, Adil Sultan, a pointé les références de l’avion, éprouvées au combat. « La PAF a démontré des performances supérieures face à des systèmes occidentaux et russes bien plus coûteux, ce qui a rendu ces aéronefs attractifs pour plusieurs forces aériennes. »
S’il est finalisé, ce contrat permettrait à la Somalie de sécuriser le contrôle de son vaste littoral et de son espace aérien, réduisant potentiellement sa dépendance à la puissance aérienne étrangère de partenaires comme les États-Unis ou la Turquie. Cette acquisition pourrait remodeler significativement la dynamique sécuritaire dans la Corne de l’Afrique, notamment concernant la région autoproclamée autonome du Somaliland.
