Le Chef Ministre du Khyber Pakhtunkhwa, Sardar Ali Amin Khan Gandapur, a lancé un double appel en faveur de réformes financières significatives et d’un débat national structuré sur les droits constitutionnels de la province. S’exprimant lors d’une réunion de haut niveau, Gandapur a souligné que le cadre actuel de distribution des ressources fiscales étouffe le potentiel de développement du KP et contredit l’esprit de la constitution.
Les demandes du Chef Ministre se concentrent sur deux domaines principaux. Premièrement, il a exhorté le gouvernement fédéral à réviser l’Award de la Commission Nationale des Finances (NFC) et à assurer le versement en temps voulu de la part due des ressources au KP, y compris les arriérés liés à la production d’énergie hydraulique et le bénéfice net hydraulique. Deuxièmement, Gandapur a proposé que les universités de tout le Pakistan initient des débats savants et des recherches sur les droits constitutionnels du KP, visant à ancrer le discours politique dans une rigueur juridique et académique.
Cet appel intervient dans un contexte de sérieux défis provinciaux. Le Gouverneur du KP a par ailleurs souligné le besoin urgent d’une meilleure préparation au changement climatique. De plus, des crises administratives, comme les importantes empiètements routiers à Mardan, soulignent les défis de gouvernance locale exacerbés par les contraintes financières. Le plan du gouvernement provincial visant à relier les districts du sud à l’autoroute M-14 du CPEC dépend également de l’obtention de financements adéquats et d’une coopération fédérale.
La revendication des droits provinciaux croise un paysage politique national tendu. Le Pakistan Peoples Party (PPP) a récemment rejeté les appels à la création de multiples nouvelles provinces, qualifiant ces plans « d’irresponsables ». Par ailleurs, le président du PPP, Bilawal Bhutto-Zardari, a commenté que le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) risquait l’interdiction en raison de sa propre conduite, mettant en lumière les frictions politiques persistantes.
Alors que le Khyber Pakhtunkhwa cherche une plus grande autonomie fiscale et le respect de ses droits constitutionnels, ses demandes s’inscrivent dans un contexte complexe de manœuvres politiques nationales et de besoins urgents de gouvernance locale, constituant un test critique pour les relations fédérales-provinciales au Pakistan.