L’Espagne a ramené sa dette publique sous le seuil symbolique des 100 % du PIB pour la première fois en six ans. Cette évolution contraste nettement avec la France, qui continue de faire face à des coûts d’emprunt croissants et à une dette dépassant 117 % de sa production nationale.
Un cap symbolique franchi en avance
Selon les chiffres officiels, la dette publique espagnole s’établissait précisément à 99,9 % du PIB en juillet, soit un recul de 2,4 points de pourcentage sur un an seulement. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez visait un passage sous les 100 % du PIB avant fin 2026, un objectif atteint plusieurs mois en avance.
L’encours total de la dette de l’État espagnol s’élève actuellement à 1 744 milliards d’euros. À titre de comparaison, la dette publique française dépasse 3 500 milliards d’euros, soit un peu plus de 117 % de son PIB, plus du double de la charge espagnole en termes absolus.
Du pic pandémique à un recul durable
L’amélioration des finances espagnoles marque un revirement notable depuis les jours les plus sombres de la crise du Covid-19. En mars 2021, l’explosion des dépenses publiques liée à la pandémie avait porté la dette espagnole à un pic de 124 % du PIB. Depuis, la trajectoire est constamment descendante, soutenue par la vigueur de l’économie espagnole.
Parmi les principaux moteurs de ce redressement figurent un secteur touristique en plein essor qui continue d’attirer des visiteurs en nombre record, une consommation des ménages robuste soutenue par les hausses du salaire minimum, de solides investissements des entreprises dans de multiples secteurs et un régime fiscal favorable destiné à stimuler l’activité économique.
Une croissance qui dépasse la zone euro
Au deuxième trimestre de cette année, l’économie espagnole a progressé de 0,7 %, près du double du taux de croissance de la zone euro dans son ensemble, malgré les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement espagnol anticipe désormais une croissance de 2,6 % pour 2026, après 2,8 % l’an dernier.
La France, en revanche, ne devrait pas croître de plus de 0,4 % à 0,5 % selon les scénarios les plus optimistes. L’écart de performance économique entre les deux voisins s’est accentué.
Des défis persistants malgré les progrès
Le taux de chômage espagnol, qui tourne autour de 10 %, demeure une faiblesse structurelle persistante. L’inflation reste également élevée, à 4,3 % en août. Néanmoins, la combinaison des hausses de salaires, de politiques fiscales avantageuses et de recettes touristiques solides a permis à Madrid d’améliorer régulièrement ses finances publiques tout en maintenant sa dynamique économique.
La divergence entre les trajectoires budgétaires espagnole et française intervient alors que Paris prépare son budget 2027, dans un contexte de débats sur la réduction du déficit et le coût du service de sa dette substantielle. La France paie actuellement des taux d’intérêt élevés sur ses emprunts, ce qui pèse davantage sur ses finances publiques.
