La télévision d’État iranienne a diffusé jeudi des images d’un nouveau missile balistique opérationnel, le Khorramshahr 4, dont elle affirme qu’il peut atteindre des vitesses de Mach 16 et frapper des cibles en Israël en 12 minutes. Cette diffusion marque une escalade significative dans la posture militaire de Téhéran et les tensions régionales.
**Une vitesse et une portée sans précédent**
Selon le rapport des médias d’État, le missile est une arme tactique à haute mobilité. Sa vitesse peut atteindre Mach 8 (environ 10 000 km/h) dans l’atmosphère et doubler pour atteindre Mach 16 en dehors de celle-ci. Le missile a une portée estimée à 2 000 kilomètres et peut transporter une ogive pesant plus de 1 500 kilogrammes.
La présentation de ce missile, également appelé « Kheibar », est chargée de symbolisme. Son nom fait référence à l’ancienne ville de Khaybar, située dans l’actuelle Arabie saoudite, lieu d’une bataille du VIIe siècle où l’armée du prophète Mahomet a vaincu les habitants juifs. Lors de son dévoilement initial au printemps 2023, le missile avait été exposé à côté d’une réplique de la mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem.
**Contexte de tensions croissantes**
Cette révélation intervient dans un contexte d’instabilité régionale accrue. Le premier dévoilement en 2023 avait suivi un cessez-le-feu à Gaza qui avait mis fin à un bref conflit entre Israël et le Jihad islamique, soutenu par l’Iran. Ce développement s’inscrit dans un schéma plus long d’escalade nucléaire et militaire de l’Iran suite à l’effondrement de l’accord nucléaire de 2015.
Cet accord, formellement connu sous le nom de Plan d’action global commun (JCPOA), est en crise depuis le retrait unilatéral des États-Unis sous la présidence de Donald Trump en 2018. L’Iran a depuis progressivement abandonné ses engagements pris dans le cadre de cet accord.
**Condamnations et mises en garde internationales**
La communauté internationale a à plusieurs reprises condamné le programme de missiles balistiques iranien. Suite à une précédente présentation de missile, un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères avait déclaré que l’Iran était engagé dans une « escalade nucléaire extrêmement préoccupante ». La France avait condamné les tests comme une violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui avait entériné l’accord nucléaire de 2015.
Le contexte historique souligne les tensions persistantes. Peu après l’inauguration du premier missile Khorramshahr en 2017, le président de l’époque, Donald Trump, avait lancé un avertissement sévère à Téhéran, mettant en doute la survie du nouvel accord nucléaire signé.
La démonstration du Khorramshahr 4 représente une avancée nette dans la technologie des missiles iraniens, défiant directement les architectures de sécurité régionale et les efforts internationaux de non-prolifération.
