Plus de 3 200 personnes ont défilé dans les rues de Lyon samedi pour un ultime hommage à Quentin Deranque, un activiste identitaire de 23 ans décédé le 14 février suite à un affrontement avec des militants d’extrême-gauche. Si les organisateurs ont présenté l’événement comme un appel apolitique à la « justice », la manifestation a rapidement révélé un caractère différent.
Malgré l’absence de drapeaux de partis officiels, le rassemblement a été ponctué de saluts nazis sporadiques et d’insultes homophobes, conduisant la préfecture de Lyon à annoncer qu’elle saisirait la justice pour ces faits. La foule, mélange d’anonymes et de figures connues de l’extrême-droite locale et nationale, s’est mise à genoux pour chanter des chants contre-révolutionnaires et a déposé des gerbes sur les lieux de l’agression mortelle de Deranque.
La marche de deux heures, qui s’est achevée par une dernière Marseillaise, a pris pour cible le parti de gauche La France Insoumise et a repris des rhétoriques classiques de l’extrême-droite. Des moments de tension sont survenus lorsque des adolescents du quartier ont challengé les manifestants pour qu’ils montrent leur visage, puis lorsque des protestataires antifascistes se sont fait entendre.
« Chaque mort est tragique, mais ce qui l’est encore plus, c’est que sa mort est instrumentalisée pour des idées xénophobes, racistes, dangereuses », a déclaré un activiste d’extrême-gauche présent sur place. « C’est le fascisme à nos portes, c’est la vague brune dans nos rues. Et ce n’est pas possible. »
Contrairement à l’affirmation « apolitique » des organisateurs, des orateurs identitaires d’extrême-droite ont déclaré la marche victorieuse. « Nous sommes en train de reconquérir les rues de ce pays », a proclamé un homme au micro, exhortant la foule à être fière de ses convictions patriotiques et catholiques.
Observant la scène depuis une rue adjacente, un père de famille lyonnais a exprimé son consternation. « Nous ne sommes pas un pays à majorité d’extrême-droite ; cela fait peur », a-t-il souligné, reflétant un malaise sociétal plus large. Alors que les manifestants se dispersaient vers 18 heures, les forces de sécurité sont restées mobilisées à Lyon jusqu’à dimanche, par précaution contre de nouveaux troubles.
Cet événement a intensifié les craintes qu’une tragédie personnelle ne soit exploitée pour amplifier des idéologies extrémistes, approfondissant les fractures politiques dans la ville et au-delà.
