KARACHI — Les syndicats et les familles des victimes de l’incendie de l’usine de Baldia Town ont renouvelé leur appel en faveur d’une enquête approfondie sur la tragédie de 2012, arguant qu’un récent arrêt de la Cour suprême valide leurs revendications de longue date concernant la responsabilité institutionnelle et des entreprises.
Cette demande a été formulée lors d’une conférence de presse au Karachi Press Club dimanche, menée par le secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats du Pakistan, Nasir Mansoor, et la vice-présidente senior de la Fédération des travailleurs du Pakistan, Zehra Khan. Ils étaient accompagnés de proches des plus de 250 personnes qui ont péri dans l’incendie.
**Un verdict qui soulève des questions**
La relance de l’enquête fait suite à la décision de la Cour suprême, le 10 juin, d’acquitter Abdul Rehman, alias Bhola, et Zubair, alias Chariya. La plus haute juridiction a annulé les peines de mort précédemment prononcées par un tribunal de première instance et confirmées par la Haute Cour du Sind. Un banc de trois juges, présidé par le juge Malik Shahzad Ahmad Khan, a statué que l’accusation n’avait pas réussi à prouver sa cause au-delà de tout doute raisonnable, accordant aux accusés le bénéfice du doute.
Les dirigeants syndicaux ont soutenu que cet acquittement renforce leur conviction que l’affaire initiale a été délibérément détournée. « L’affaire a été écartée de sa direction initiale afin de protéger les véritables auteurs », ont déclaré les intervenants. Ils ont insisté sur le fait que le verdict renforce la perception que personne n’a été véritablement tenu responsable de l’un des pires accidents industriels du Pakistan.
**Promesses non tenues et justice détournée**
L’incendie, qui s’est déclaré le 11 septembre 2012, a ravagé une usine de confection à Baldia Town, à Karachi, tuant 259 travailleurs et en blessant des dizaines d’autres. Les allégations initiales incluaient un incendie criminel et de l’extorsion. Cependant, les représentants des travailleurs maintiennent que la responsabilité dépasse largement les deux hommes acquittés.
Ils exigent que l’affaire soit réexaminée afin de scruter le rôle des propriétaires d’usines et des institutions gouvernementales prétendument impliquées. Les intervenants ont exprimé une profonde frustration face au fait que de nombreux engagements pris envers les victimes, y compris les promesses d’indemnisation, restent non tenus plus d’une décennie après l’incident.
Les syndicats affirment que l’enquête a été manipulée pour protéger des intérêts puissants.
Les familles des victimes déclarent que les indemnisations financières promises par les autorités n’ont pas été versées.
L’arrêt de la Cour suprême est cité comme la preuve que la stratégie de poursuite initiale était défaillante.
Les dirigeants syndicaux ont conclu que, sans une nouvelle enquête transparente, la quête de justice pour les centaines de travailleurs décédés restera inachevée.
