Les marchés financiers mondiaux ont connu une turbulence significative cette semaine, avec un recul des prix du pétrole et des obligations en difficulté sous le poids d’un réajustement haussier des anticipations de taux d’intérêt. La guerre en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue d’injecter de la volatilité, forçant les banquiers centraux à signaler une posture plus agressive contre l’inflation.
**Les Marchés Énergétiques Se Détendent Légèrement**
Après une flambée dramatique, les prix du pétrole se sont calmés vendredi. Les contrats à terme sur le Brent ont chuté de 3% à 105,43 dollars le baril, tandis que le brut américain a reculé de 2,2% à 94 dollars le baril. Ce repli a suivi les annonces de grandes nations européennes et du Japon visant à sécuriser le détroit d’Ormuz et les mesures américaines pour augmenter l’offre. Malgré ce recul, les prix restent supérieurs de plus de 40% sur le mois, soulignant le choc énergétique persistant. Les prix du gaz naturel ont également explosé, les indices européens ayant bondi jusqu’à 35% jeudi après des frappes ciblant des infrastructures régionales clés.
**Déroute Obligataire et Signaux des Banques Centrales**
Le principal moteur de la volatilité de la semaine a été une réévaluation brutale de la politique monétaire. Suite à une série de réunions des banques centrales du G7, les traders n’anticipent plus de baisses de taux de la Réserve Fédérale cette année. Par ailleurs, une hausse de la Banque d’Angleterre le mois prochain est considérée comme incertaine, et des sources indiquent que la Banque Centrale Européenne pourrait commencer à discuter de relèvements de taux dès avril.
Ce virage haussier a déclenché une vente mondiale d’obligations, poussant les rendements à des sommets de plusieurs mois. Le rendement du bon du Trésor américain à deux ans a bondi de plus de 20 points de base en une seule séance. « Il y a beaucoup de valeur dans le signal », a déclaré Vishnu Varathan de Mizuho, notant que les banques centrales envoient un message aux marchés pour empêcher les rendements de spirale inutilement plus haut.
**Les Actions Se Stabilisent, le Dollar Faiblit**
Les marchés actions ont trouvé une certaine stabilité avec le recul du pétrole. L’indice le plus large de MSCI pour les actions Asie-Pacifique hors Japon a progressé de 0,18%, tandis que les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq ont légèrement augmenté. Le dollar américain, cependant, était sur le point d’enregistrer une perte hebdomadaire dépassant 1%, les investisseurs anticipant des relèvements de taux plus marqués des autres banques centrales par rapport à la Fed. L’euro et la livre sterling ont tous deux affiché de fortes gains face au billet vert.
**Pressions Inflationnistes à Long Terme**
Les analystes avertissent que le choc inflationniste du conflit pourrait être inévitable. « Le Golfe sera toujours sous pression… donc les prix du pétrole ne reviendront pas à 60 dollars, ils resteront peut-être à 90 dollars, au moins jusqu’à la fin de l’année », a déclaré Alicia Garcia-Herrero de Natixis. La perturbation de l’approvisionnement énergétique par la guerre, incluant une perte rapportée de 17% de la capacité GNL du Qatar, suggère une pression soutenue sur les prix mondiaux.
Alors que le conflit persiste sans résolution diplomatique claire, les marchés restent préparés à une volatilité accrue, les banques centrales étant prêtes à agir plus fermement pour contenir les retombées inflationnistes.
