Les Portugais se rendent aux urnes ce dimanche 8 février pour le second tour décisif de l’élection présidentielle, qui oppose Antonio José Seguro du Parti socialiste à André Ventura, le leader du parti d’extrême droite Chega en pleine progression.
Une campagne perturbée par les intempéries
La dernière ligne droite de la campagne a été fortement perturbée par des tempêtes meurtrières qui ont balayé le Portugal ces deux dernières semaines. Au moins 14 circonscriptions parmi les plus touchées ont dû reporter le scrutin d’une semaine. Malgré les appels d’André Ventura à un report national – une mesure non prévue par la loi – le second tour a bien lieu ce dimanche, les résultats étant attendus en soirée. Le Premier ministre Luis Montenegro a assuré le public samedi que « tout sera fait pour garantir la sécurité et la normalité de l’acte électoral ».
Seguro, grand favori des sondages
Antonio José Seguro, un politicien expérimenté de 63 ans qui a passé une grande partie de la dernière décennie en retrait du premier plan, aborde ce vote en grand favori. Un dernier sondage publié mercredi lui accordait 67% des intentions de vote, suite à sa victoire au premier tour avec 31,1% des suffrages.
Son adversaire, le député de 43 ans André Ventura, est crédité de 33% des voix. Ventura dirige Chega – « Assez » en portugais – un parti antisystème devenu en quelques années la deuxième force politique du pays, promettant une « rupture » avec les partis de l’establishment qui gouvernent le Portugal depuis cinquante ans.
Des dynamiques de campagne complexes
André Ventura s’est plaint de faire face à un scénario de campagne « tous contre un », ce qui aurait selon lui rendu son élection « beaucoup plus difficile ». Le paysage politique est compliqué par la position du gouvernement minoritaire de droite du Premier ministre Montenegro, qui s’appuie alternativement au parlement sur le soutien des socialistes ou de l’extrême droite. Après l’élimination du candidat de son propre parti, Montenegro a refusé de donner toute consigne de vote pour le second tour.
Cette élection constitue un test crucial pour la direction politique du Portugal, mettant en balance l’expérience d’une figure socialiste traditionnelle et l’attrait disruptif d’un mouvement populiste d’extrême droite.
