La Haute Cour d’Islamabad (IHC) a programmé une audience pour le 30 avril afin d’examiner les appels déposés par l’ancien Premier ministre Imran Khan et son épouse, Bushra Bibi, contestant leur condamnation dans la retentissante affaire de corruption de 190 millions £. Un banc divisionnaire, présidé par le juge en chef Sardar Sarfaraz Dogar et comprenant le juge Muhammad Asif, présidera les débats.
**Contexte de la condamnation**
Khan et Bibi ont été condamnés en janvier 2025 par le juge Nasir Javed Rana du tribunal de la responsabilité. L’ancien Premier ministre a écopé d’une peine de 14 ans de prison, tandis que son épouse a été condamnée à sept ans. Cette affaire, largement connue sous le nom d’affaire Al-Qadir Trust, constitue un point central de discorde juridique et politique au Pakistan.
**Audience distincte devant un tribunal bancaire**
Dans un développement connexe, un tribunal bancaire d’Islamabad a également fixé l’audience d’une affaire de financement prohibé visant Imran Khan pour le même jour, jeudi. Les autorités ont soumis un acte d’accusation désignant l’ancien Premier ministre comme principal prévenu dans cette affaire.
**Détails de l’affaire Al-Qadir Trust**
L’affaire des 190 millions £ porte sur des allégations selon lesquelles Khan et d’autres auraient, en 2019, détourné environ 50 milliards de roupies — équivalent à 190 millions £ à l’époque — qui avaient été transférés au gouvernement pakistanais par l’Agence nationale de lutte contre la criminalité (NCA) du Royaume-Uni. Ces fonds étaient liés à des actifs saisis auprès d’un magnat de l’immobilier sous le mandat de Khan. La NCA avait précisé que cet accord relevait d’une affaire civile et n’impliquait aucune reconnaissance de culpabilité.
Le Bureau national de la responsabilité (NAB) a déposé une référence en décembre 2023, suivi d’une inculpation formelle contre Khan et Bibi en février 2024. L’accusation soutient que l’accord a été approuvé par Khan sans divulguer les détails de l’accord confidentiel.
**Contexte juridique et politique**
Imran Khan est incarcéré depuis août 2023, faisant face à une multitude de procès allant de la corruption au terrorisme. Ses ennuis judiciaires ont commencé après son éviction du pouvoir en avril 2022 par une motion de censure. L’audience à venir devant l’IHC est considérée comme un tournant crucial dans ses batailles juridiques.
Plus tôt en mars, le tribunal avait infligé une amende de 100 000 roupies au procureur spécial du NAB pour avoir employé des tactiques dilatoires dans la procédure, soulignant la nature contentieuse de l’affaire.
