Des responsables de l’administration Trump ont reconnu, lors de briefings à huis clos avec le personnel du Congrès dimanche, qu’il n’existait aucun renseignement suggérant que l’Iran planifiait de frapper les forces américaines en premier. Cette révélation, rapportée par des sources proches du dossier, semble saper un argument clé avancé par les hauts responsables pour justifier la vaste opération militaire lancée contre l’Iran durant le week-end.
**Des déclarations publiques contradictoires**
Ces briefings contrastent fortement avec les déclarations publiques faites seulement un jour plus tôt. Des responsables de l’administration avaient alors indiqué aux journalistes que le président Donald Trump avait décidé de lancer les frappes en partie à cause d’indices que l’Iran pourrait attaquer les forces américaines au Moyen-Orient, « peut-être de manière préemptive ». Un officiel avait affirmé que Trump ne « resterait pas les bras croisés à laisser les forces américaines dans la région subir des attaques ».
Lors des briefings du Pentagone d’une durée de plus de 90 minutes pour le personnel des commissions de sécurité nationale du Sénat et de la Chambre, les officiels ont souligné la menace posée par les missiles balistiques et les forces proxy de l’Iran. Cependant, les deux sources ont confirmé qu’il n’y avait pas de renseignement spécifique concernant un plan de Téhéran pour attaquer les forces américaines en premier.
**Les démocrates dénoncent une « guerre de choix »**
Les démocrates ont critiqué l’opération, la qualifiant de « guerre de choix », et ont contesté la justification de Trump d’avoir abandonné les pourparlers de paix en cours, que le médiateur Oman aurait décrits comme prometteurs. Le président a affirmé, sans présenter de preuve publique, que l’Iran était sur le point d’acquérir la capacité de frapper les États-Unis avec un missile balistique – une affirmation que des sources disent non étayée par les rapports des services de renseignement américains et qui semble exagérée.
**Premières pertes américaines et objectifs stratégiques**
Les questions sur la justification de la guerre ont émergé alors que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) annonçait les premières pertes américaines : trois militaires tués et cinq grièvement blessés, plusieurs autres ayant subi des blessures légères. L’armée a déclaré que les avions et navires de guerre américains avaient frappé plus de 1 000 cibles iraniennes depuis le début des opérations de combat majeures.
Trump a déclaré que l’attaque visait à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, à contenir son programme de missiles et à éliminer les menaces envers les États-Unis et leurs alliés. Il a aussi exhorté les Iraniens à « reprendre votre pays », suggérant un objectif de changement de régime. Cependant, des responsables américains expriment des doutes sur la probabilité d’une chute imminente du gouvernement actuel.
**Scepticisme interne sur le changement de régime**
Après la mort du Guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, de hauts responsables américains doutent que l’opération militaire entraîne un changement de régime à court terme. Les évaluations du renseignement auraient conclu que Khamenei serait vraisemblablement remplacé par des figures de la ligne dure, et que l’opposition est actuellement trop faible pour renverser le système théocratique en place. Les officiels notent que le Corps des Gardiens de la révolution islamique n’a montré aucun signe de défection, une condition probable pour une révolution réussie.
**Opinion publique et conséquences**
Un sondage Reuters/Ipsos a montré que 27% des Américains approuvaient les frappes, tandis que 43% les désapprouvaient. En Iran, un conseil de direction a temporairement assumé les fonctions de Guide suprême. Le chef de la sécurité Ali Larijani a accusé les États-Unis et Israël de tenter de « piller et désintégrer » l’Iran et a averti les groupes sécessionnistes d’une réponse sévère.
Le conflit s’est transformé en l’attaque la plus ambitieuse des États-Unis et d’Israël contre l’Iran depuis des décennies, marquant un nouveau chapitre significatif et volatil des tensions au Moyen-Orient.
