L’Iran a déclaré que le détroit d’Ormuz, voie maritime vitale, restera fermé à la navigation tant que les États-Unis ne lèveront pas leur blocus naval sur les ports iraniens. Un haut responsable a indiqué que les négociations avec Washington, bien que montrant des progrès, sont encore loin d’aboutir à un accord de paix final.
**Des négociations qui progressent, mais des écarts persistants**
Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, a détaillé l’état des discussions visant à mettre fin au conflit régional lors d’une allocution télévisée. « Il y a eu des progrès dans les pourparlers avec Washington mais il existe de nombreux écarts et certains points fondamentaux demeurent », a déclaré Ghalibaf. Il a souligné : « Nous sommes encore loin de la discussion finale. »
Ces remarques interviennent alors qu’un cessez-le-feu de deux semaines doit expirer, son renouvellement étant incertain. Le conflit a débuté par une vague d’attaques américano-israéliennes contre l’Iran fin février, s’étendant ensuite à toute la région.
**Le détroit d’Ormuz : un levier critique**
Ce passage stratégique, qui transporte généralement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquide mondial, est devenu un point central de tension. L’Iran avait brièvement rouvert le détroit suite à un accord de cessez-le-feu impliquant son allié le Hezbollah au Liban, provoquant une chute brutale des prix pétroliers mondiaux.
Cependant, Téhéran a inversé sa décision après que le président américain Donald Trump a insisté sur la poursuite du blocus naval jusqu’à la conclusion d’un accord global. « Si l’Amérique ne lève pas le blocus, le trafic dans le détroit d’Ormuz sera définitivement limité », a averti Ghalibaf.
**Mises en garde et incidents qui attisent les tensions**
Les Gardiens de la révolution iraniens ont lancé un avertissement sans équivoque, déclarant que tout navire tentant de traverser le détroit sans autorisation « sera considéré comme coopérant avec l’ennemi, et le bâtiment contrevenant sera pris pour cible. »
Des rapports maritimes ont fait état de plusieurs incidents préoccupants durant la brève période de réouverture :
Les Gardiens de la révolution ont tiré sur un pétrolier.
La force a menacé de détruire un navire de croisière vide fuyant le Golfe.
Un projectile non identifié a touché un bâtiment, endommageant des conteneurs.
Le ministère indien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour protester contre un incident de tir impliquant deux navires battant pavillon indien.
**Points d’achoppement diplomatiques et retombées régionales**
Les principaux obstacles dans les négociations incluent le stock iranien d’uranium enrichi de qualité quasi militaire et le statut futur du détroit d’Ormuz. Le président Trump a affirmé que l’Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, une affirmation vivement démentie par le ministère iranien des Affaires étrangères.
Parallèlement, la diplomatie régionale se poursuit. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est dit optimiste aux côtés du Pakistan, espérant sceller un accord final « dans les prochains jours. »
L’impact régional du conflit a été souligné par une embuscade contre des casques bleus au Liban qui a tué un soldat français. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’attaque, une première évaluation imputant la responsabilité au Hezbollah, qui a nié toute implication.
