Nous connaissons tous la règle d’or : boire entre 1,5 et 2,5 litres d’eau par jour. Alors que la chaleur extrême continue de s’abattre sur la France, ce conseil n’a jamais été aussi vital. Mais l’eau possède un autre avantage majeur : c’est de loin la boisson la plus respectueuse de l’environnement qui soit.
Pourtant, lorsqu’on reçoit des amis pour un apéro ou que l’on profite d’un goûter en famille, l’eau plate peut paraître un peu fade. La bonne nouvelle ? Vous n’avez pas à sacrifier la planète pour le goût. De l’empreinte carbone de votre bière préférée aux coûts cachés en eau d’un simple verre de vin, voici le guide ultime des pires et des meilleures boissons pour l’environnement.
**La bière est meilleure que le vin (mais aucune n’est idéale)**
Commençons par la vérité qui fâche : l’alcool n’est pas votre ami pendant une canicule. Il déshydrate le corps et pèse lourdement sur l’environnement. Cependant, si vous devez céder à la tentation, choisissez avec soin. Selon une étude danoise de 2010, produire un litre de bière génère environ 1,5 kilogramme de CO2, tandis que la même quantité de vin ou de whisky en produit la bagatelle de 6 kilogrammes. L’empreinte climatique de la bière est donc quatre fois plus faible par litre que celle du vin ou des spiritueux.
Les principaux responsables des émissions élevées du vin sont le transport — de nombreuses bouteilles étant importées — et l’emballage. Bien que le verre soit hautement recyclable, les bouteilles d’alcool sont souvent épaisses et lourdes, nécessitant une énergie considérable pour leur fabrication. Pour une option plus verte, envisagez d’acheter du vin en cubitainer. L’emballage en carton est plus léger que les bouteilles en verre traditionnelles et peut être conservé au réfrigérateur pendant plusieurs semaines.
N’oublions pas la quantité astronomique d’eau nécessaire à la production d’alcool. Selon le Water Footprint Network, un seul verre de vin utilise 109 litres d’eau. Même une demi-pinte de bière consomme 75 litres. Cette « eau virtuelle » comprend l’irrigation des vignobles, le pressage du raisin, la fermentation et le brassage.
**N’ajoutez jamais de lait à votre café**
Le café reste un rituel quotidien pour beaucoup, même en été. Mais son bagage environnemental est lourd, de la déforestation aux importations longue distance depuis les régions tropicales. Si vous ne pouvez pas y renoncer, évitez au moins le lait. Les chercheurs écrivant dans The Conversation ont constaté que le lait représente environ les deux tiers de l’empreinte carbone totale d’un café. La raison ? Les vaches laitières émettent de grandes quantités de méthane, un puissant gaz à effet de serre. Opter pour du lait végétal réduit considérablement l’impact.
**Tous les thés ne se valent pas**
Si vous êtes plutôt équipe thé, le même conseil s’applique : évitez d’ajouter du lait. Mais les feuilles de thé elles-mêmes soulèvent également des préoccupations environnementales. Une enquête de février 2022 menée par 60 Millions de consommateurs a révélé que les sachets de thé et les infusions — principalement cultivés en Inde et en Chine — sont régulièrement pulvérisés avec des insecticides pour augmenter les rendements. Les thés verts figuraient parmi les plus mauvais élèves, et du glyphosate, un pesticide controversé, a été détecté dans certains sachets de thé noir et vert. Seules les infusions certifiées biologiques sont garanties sans pesticides.
**Les sodas sont de grands consommateurs d’eau**
Les sodas sont une autre boisson à éviter. Produire un seul litre de soda nécessite en moyenne cinq litres d’eau. Des rapports d’investigation ont montré que les usines d’embouteillage, y compris celles exploitées par de grandes corporations, peuvent épuiser les ressources en eau dans les régions vulnérables. Dans un documentaire de 2016, la réalisatrice Julie Delettre a mis en lumière comment une seule usine au Chiapas, au Mexique, avait reçu l’autorisation de pomper 500 millions de litres d’eau par an, laissant les villages voisins sans eau courante et asséchant les puits locaux.
**Pour les jus, tout dépend du fruit**
Donc pas d’alcool, pas de café, pas de soda — que reste-t-il ? Les jus frais et les smoothies peuvent être une bonne option, mais seulement si vous choisissez les bons fruits. Les fruits et légumes représentent 44 % de tous les aliments transportés par avion. Les fruits les plus couramment importés sont les bananes et les agrumes, suivis des melons et des fraises. Pour réduire votre impact, évitez les fruits qui ont parcouru de longues distances et privilégiez les produits locaux et de saison.
En été, vous pouvez préparer un smoothie avec des pommes, des poires et quelques fraises si elles poussent à proximité. La limonade maison est également un excellent choix si vous vivez dans une région méditerranéenne où les citronniers prospèrent. Privilégiez les fruits et légumes biologiques pour soutenir une agriculture durable et limiter les résidus de pesticides sur vos aliments.
**L’eau infusée maison : la boisson écologique par excellence**
Voici l’astuce la plus simple, la moins chère et la plus verte pour améliorer votre eau : ajoutez des fruits à votre carafe. Placez quelques bâtonnets de carotte et des tranches de pomme avec un peu de menthe dans une bouteille, versez de l’eau et réfrigérez. Une à deux heures plus tard, votre eau est naturellement aromatisée. La recette fonctionne même avec une simple tranche de concombre. Quand il s’agit de protéger la planète, les meilleures solutions sont souvent les plus simples et faites maison.
