Les conducteurs de trains du dépôt SNCF de Caen ont exercé leur droit de retrait mercredi, refusant de travailler après ce que les syndicats décrivent comme un second déraillement évité de justesse, deux semaines seulement après qu’un train de voyageurs est sorti des rails sur la ligne Rouen-Caen, blessant 44 personnes.
SNCF a confirmé que le trafic ferroviaire serait « fortement perturbé » en Normandie mercredi, attribuant ces perturbations à un « mouvement social local imprévu ».
Une éclisse cassée découverte sur la ligne Coutances-Folligny
Selon le syndicat CGT, l’élément déclencheur est survenu lundi, lorsqu’un cheminot a découvert et signalé une éclisse cassée — la plaque métallique qui relie deux sections de voie — sur la ligne reliant Coutances à Folligny, dans le département de la Manche.
« C’est précisément ce type de défaillance qui a conduit au terrible déraillement de Brétigny en 2013 », a averti la CGT, en référence à l’accident survenu au sud de Paris qui a tué sept personnes et blessé des dizaines d’autres.
La découverte est intervenue le lendemain d’un incident sur la ligne Caen-Rennes, aggravant les craintes parmi le personnel encore ébranlé par le déraillement du 11 septembre à Cléon, en Seine-Maritime, où un train transportant 186 passagers est sorti des rails, faisant 44 blessés, dont un grave.
« Aller au travail avec la boule au ventre »
« Les collègues vont au travail avec la boule au ventre », a déclaré David Cardin, secrétaire général de la CGT Cheminots à Caen, à des médias locaux mercredi matin.
Par ce droit de retrait, le syndicat presse la direction de la SNCF de répondre sur les normes de sécurité et de maintenance des voies.
- Les conducteurs du dépôt de Caen ont cessé le travail mercredi matin.
- La SNCF indique que les services en Normandie subissent de graves perturbations tout au long de la journée.
- La CGT établit un lien entre l’éclisse cassée de lundi et le type de défaut à l’origine de la catastrophe de Brétigny en 2013.
- Cette action fait suite au déraillement du 11 septembre à Cléon, qui a fait 44 blessés.
Le droit de retrait permet aux cheminots français d’arrêter le travail lorsqu’ils estiment faire face à un danger grave et imminent pour leur sécurité, sans perte de salaire ni sanction disciplinaire.
Ce conflit place la SNCF sous une pression renouvelée concernant l’état de ses infrastructures régionales, les syndicats affirmant que les réductions d’effectifs et la diminution des créneaux de maintenance ont laissé les équipes d’inspection à bout de souffle sur le réseau ferroviaire vieillissant de Normandie.
