À Lyon, les préparatifs vont bon train avant la visite du pape Léon XIV à Paris. Des milliers de catholiques venus de toute la France sont attendus dans la capitale pour un déplacement à la fois spirituel et personnel.
Un événement national de grande ampleur
Quelque 600 000 fidèles sont attendus à la messe que célébrera le pape place de la Concorde, le samedi 26 septembre. Chaque diocèse dispose d’une section réservée le long des Champs-Élysées, et celui de Lyon détient à lui seul 6 000 places.
Le diocèse lyonnais organise le transport d’environ 2 000 personnes. Un train spécial a été affrété, accompagné d’une quinzaine de cars, tandis que d’autres se rendront par leurs propres moyens dans la capitale française, avec une veillée au Stade de France comme point d’orgue.
Des étudiants s’adaptent pour participer
Pour Louis, Samuel et André, trois colocataires catholiques de Lyon, l’essentiel est réglé. André doit toutefois encore lever un obstacle logistique : obtenir l’autorisation de quitter ses cours plus tôt le vendredi après-midi.
« Je n’ai qu’à dire la vérité, mais c’est un événement national, et normalement ça devrait passer », a-t-il déclaré.
Les trois jeunes assisteront aux messes célébrées par le pape Léon XIV lors de sa visite en France. Leurs attentes diffèrent, mais un fil commun traverse leurs espoirs.
« J’espère vraiment être près, voir le pape physiquement, si possible, pourquoi pas le toucher, on verra », a expliqué l’un d’eux. « Et l’écouter directement plutôt que de l’entendre sur les réseaux sociaux, avec un message pour les jeunes : “Persévérez, persévérez.” »
Un autre colocataire porte un regard plus nuancé sur ce qui l’attire vers l’événement.
« Je ne suis pas particulièrement fasciné par le pape en lui-même », a-t-il dit. « Ce qui me parle vraiment, c’est d’aller prier avec d’autres jeunes à ce moment-là, dans un contexte français, parce que souvent ce genre d’événements se déroule dans des cadres internationaux. »
Un troisième a ajouté : « Le pape François n’était pas beaucoup venu en France auparavant, donc c’est formidable, et j’attends aussi de voir l’impact que cela aura sur les non-chrétiens. »
Des messages sur la paix, l’écologie et les abus
Marie-Hélène, 38 ans, rejoindra la foule sur les Champs-Élysées samedi. Engagée sur les questions écologiques, elle se sentait fortement liée au pape François.
« Il y a toujours cette fibre sociale et écologique qui est assez présente », a-t-elle dit. « Cependant, je vois beaucoup plus nettement chez Léon XIV la question de la paix et des relations internationales. C’est donc ce que j’attends de l’entendre aborder. »
Elle a aussi réfléchi à la place des catholiques dans la société française contemporaine, citant le sociologue Ian Raison-Duclosieu sur « une minorité qui se pense parfois encore majoritaire ».
« Le pape est aussi une figure qui dépasse le simple cercle des catholiques. Le pape François avait très bien réussi cela, et c’est un peu ce que j’attends aussi. Il va également à Paris parce que c’est une ville monde. De là, il peut s’adresser au monde entier. »
Marie-Hélène dit attendre en outre un message fort sur les violences sexuelles au sein de l’Église.
« Même si ce n’est pas agréable à entendre », a-t-elle déclaré, ajoutant que la question « fait partie de la vie de l’Église ». Une rencontre avec des victimes est prévue dimanche à Lourdes.
Des préparatifs en cours dans la capitale
La visite a mobilisé d’importants moyens logistiques à Paris. Quelque 1 300 agents de la SNCF et de la RATP seront déployés en renfort, et une trentaine de stations de métro doivent fermer pendant l’événement.
Des artisans, dont des ébénistes et des fleuristes, ont travaillé à la préparation de l’arrivée du pape. Le président Emmanuel Macron, lui, n’assistera à aucune des messes de la visite.
Pour les fidèles venus de Lyon et d’ailleurs, le voyage représente plus qu’une cérémonie : c’est l’occasion d’entendre les mots du pape sur les défis auxquels font face l’Église et le monde, et de partager l’expérience avec d’autres croyants dans un contexte résolument français.
