Un ancien djihadiste français accusé d’avoir servi de bourreau pour l’organisation État islamique a été condamné mardi à 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, par la cour d’assises spéciale de Paris.
Othman Garrido, âgé de 32 ans et originaire de Montpellier, a été acquitté du chef d’assassinat, mais reconnu coupable de meurtres commis en bande organisée lors d’une double exécution publique en Syrie en 2015, ainsi que d’association criminelle en vue de commettre des actes terroristes.
Le parquet avait requis la perpétuité
Pendant le procès, l’avocat général a décrit Garrido comme un « djihadiste enragé et acharné », rejetant l’ensemble des dénégations de l’accusé. Le ministère public avait demandé une peine de réclusion à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans.
Présent en Syrie de 2012 à 2020 après avoir rejoint l’État islamique, Garrido a soutenu tout au long de son procès avoir été contraint de quitter la France. Il s’est présenté comme un djihadiste réticent, terrifié par la mort et en quête de reconnaissance.
Un accusé décrit comme « né radicalisé »
L’accusé, présenté comme « né radicalisé » au sein d’une famille ultra-religieuse placée sous l’autorité d’un père converti à l’islam, a affirmé que des circonstances indépendantes de sa volonté l’avaient poussé à rejoindre l’organisation extrémiste.
La cour a finalement écarté l’accusation la plus grave, celle d’assassinat, mais a jugé les éléments de preuve suffisants pour le condamner pour meurtres en bande organisée et association de malfaiteurs terroriste. La peine prononcée le maintiendra incarcéré au minimum 20 ans avant toute possibilité de libération.
