Le corps sans vie d’une fillette de cinq ans a été découvert lundi en fin d’après-midi au domicile de son père à Blois, dans le centre de la France. Selon le parquet, les éléments recueillis orientent vers un infanticide suivi d’une tentative de suicide.
Une découverte après l’alerte de l’école
L’enchaînement des faits a débuté lundi matin, lorsque l’école de l’enfant a constaté son absence. D’après une source policière, l’établissement a adressé un courriel à la mère de la fillette puis, faute de réponse, l’a appelée dans l’après-midi.
La mère a alors tenté sans succès de joindre son ex-compagnon, qui devait déposer leur fille à l’école lundi matin après avoir passé le week-end avec elle. Inquiète, elle a alerté la police au commissariat de Blois.
Les fonctionnaires envoyés au domicile du père ont localisé le signal de son téléphone, confirmant sa présence à l’intérieur. À leur entrée, ils ont découvert le corps sans vie de la fillette.
Les conclusions du parquet
Stéphane Javet, procureur de Blois, a déclaré lors d’une conférence de presse mardi que « l’hypothèse la plus probable est celle d’un infanticide, suivie d’une tentative de suicide » du père, retrouvé « dans un état médical critique » à la même adresse.
L’enfant ne présentait pas de « lésions apparentes », selon le procureur. Plusieurs médicaments et une petite bouteille d’eau ont toutefois été retrouvés sur une table de chevet, ce qui suggère une possible intoxication, a indiqué une source policière. Une autopsie était programmée mardi après-midi afin de déterminer les circonstances exactes du décès.
Le père dans un état critique
À l’arrivée des policiers, le père — né en 1984 — était inconscient et présentait de nombreuses coupures sur le corps, notamment à la gorge, possiblement auto-infligées avec un objet tranchant.
L’homme de 42 ans a été transporté à l’hôpital dans un état critique et ne peut actuellement pas être interrogé. Son pronostic vital ne serait pas engagé, et il sera placé en garde à vue « dès que son état médical le permettra ».
Un contexte de conflit parental
Les parents de la fillette étaient séparés depuis 2024. En raison d’un « conflit parental aigu », une mesure d’assistance éducative avait été confiée à un juge des enfants depuis septembre 2025.
Le père a été condamné en 2025 à six mois de prison avec sursis pour appels téléphoniques malveillants à l’encontre de son ex-compagne, la mère de l’enfant décédée.
Par ailleurs, une source policière a mentionné des plaintes déposées contre la mère pour violences envers sa fille — un élément que le procureur n’a pas abordé dans sa déclaration. La mère et la grand-mère de l’enfant ont été prises en charge par un service médico-psychologique.
Une enquête en cours
Le commissariat de Blois a été chargé de diriger l’enquête. Les autorités chercheront à déterminer les raisons précises des actes du père, notamment s’il s’agit de « violences par ricochet » — terme employé lorsque des femmes sont visées indirectement par un préjudice causé à leurs enfants.
Le procureur devrait communiquer les conclusions de l’autopsie au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête.
