La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a averti jeudi que le territoire palestinien de Gaza traverse « la pire crise économique jamais enregistrée » au monde, décrivant un effondrement qui a « anéanti des décennies de développement ».
Une situation catastrophique et qui s’aggrave
Lors d’une conférence de presse à Genève pour la présentation du dernier rapport de l’agence, le secrétaire général par intérim de la CNUCED, Pedro Manuel Moreno, a déclaré que la crise avait « annihilé des décennies de développement » dans l’enclave.
Mutasim Elagraa, qui coordonne l’assistance de la CNUCED au peuple palestinien, a souligné qu’avant octobre 2023, « deux habitants de Gaza sur trois vivaient dans la pauvreté. Aujourd’hui, toute la population de Gaza est touchée. » Il a décrit une situation « déjà catastrophique » qui s’est depuis « considérablement détériorée ».
Logement, industrie et agriculture dévastés
Selon le rapport, qui s’appuie sur des données de la Banque mondiale et du Bureau central palestinien des statistiques, les dégâts sont les plus graves dans le secteur du logement, avec des pertes estimées à 19 milliards de dollars pour la seule année 2025.
L’activité industrielle et la production agricole à Gaza ont chuté de 94 %, avec seulement 1,5 % des terres arables actuellement utilisables et accessibles — une situation qui « implique une dépendance totale à l’aide alimentaire humanitaire », selon Elagraa.
Chômage massif et milliards de revenus perdus
Le conflit a détruit des centaines de milliers d’emplois, entraînant une perte cumulée de revenus du travail estimée à 2,8 milliards de dollars depuis 2023.
Plus de 90 % de la population en âge de travailler à Gaza est désormais au chômage.
Les opérations militaires israéliennes ont détruit 92 % des établissements économiques du territoire.
Une facture de reconstruction en hausse constante
La CNUCED estime le coût de la relance et de la reconstruction à Gaza à 71,5 milliards de dollars — un chiffre qui « risque d’augmenter encore ». Le rapport prévient également qu’il faudra plusieurs années pour que la Cisjordanie, et plus d’une décennie pour Gaza, retrouve ses niveaux de PIB par habitant d’avant la crise.
