Un rapport parlementaire français dévoilé le mercredi 7 octobre recommande d’interdire la vente de boissons énergisantes à toute personne de moins de 16 ans. Le texte invoque des risques sanitaires accrus pour une population « particulièrement exposée » à ces produits.
Des marques comme Red Bull, Monster Energy, Crazy Tiger et Ciao Energy, commercialisées pour leurs propriétés stimulantes physiques et mentales, connaissent un fort succès, en particulier chez les jeunes. Elles pourraient bientôt être interdites aux mineurs.
Risques cardiovasculaires et psychologiques
Si les boissons énergisantes « ne présentent pas de risque sanitaire pour la population générale » lorsqu’elles sont consommées en quantités « raisonnables », la consommation globale en France apparaît « excessive », selon une version provisoire du rapport d’une mission d’information coprésidée par les députés Sandrine Runel (Parti socialiste) et Yannick Neuder (Les Républicains), ancien ministre de la Santé.
Chez les enfants et les adolescents en particulier, cette consommation « peut véritablement provoquer des effets néfastes », avertit le rapport. Plusieurs effets indésirables liés à ces boissons, notamment des symptômes cardiovasculaires et psychologiques, ont déjà été signalés en France. Ils sont principalement associés à une consommation excessive de caféine, parfois combinée à la consommation d’alcool.
Face aux « risques sanitaires encourus par les jeunes », les rapporteurs recommandent d’interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans et de les retirer des distributeurs automatiques.
« L’idée est de sensibiliser et d’expliquer aux jeunes qu’ils n’ont pas besoin de ces boissons sucrées pour être en forme et lutter contre la fatigue », a déclaré Runel à l’AFP.
Taxer toutes les boissons alcoolisées prêtes à boire
La mission s’est également penchée sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, comme les canettes de Vody, un cocktail mêlant vodka, café et taurine. Ces produits sont « nocifs pour la santé » et « atteignent ou dépassent souvent la dose journalière recommandée dans un seul contenant », alertent les rapporteurs.
Ils séduisent aussi particulièrement les jeunes, notamment en raison de leur « marketing » et de leur prix « low-cost ». Au vu des risques qu’ils peuvent présenter, les deux parlementaires jugent « nécessaire » d’étendre la taxe sur les « prémix » — qui s’applique actuellement aux boissons pré-mélangées dont la teneur en alcool est comprise entre 1,2 % et 12 % — à toutes les « boissons alcoolisées prêtes à boire dont le titre alcoométrique volumique dépasse 12 % ».
Ils appellent également à un renforcement de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs, qui « n’est pas appliquée ou trop rarement », en introduisant « la possibilité de réaliser des tests d’achat d’alcool sur des mineurs ».
Sur la publicité, le rapport conclut que la législation actuelle « ne semble plus adaptée à la réalité des réseaux sociaux » et recommande de « mettre fin à l’autorisation de propagande et de publicité pour les boissons alcoolisées sur les services de communication en ligne ».
Ces recommandations alimenteront des amendements au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, selon Runel, ainsi qu’une proposition de loi.
