Jean-Luc Mélenchon a confirmé que La France Insoumise participera à la réunion des chefs de partis convoquée par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, jeudi 22 octobre. Le fondateur du mouvement a toutefois prévenu qu’il ne venait pas pour jouer le jeu.
« On va y aller, et on va ruiner votre réunion », a-t-il lancé à l’adresse du Premier ministre, quelques heures seulement après avoir reçu son invitation.
Une invitation née des violences du week-end
La lettre du Premier ministre aux chefs de partis fait suite aux violences survenues en marge d’une mobilisation nationale sur le coût de la vie le week-end dernier. Sébastien Lecornu y appelle les formations politiques à reconnaître leur responsabilité face aux troubles, écrivant qu’« aucun désaccord, aucune colère, aucune ambition politique ne peut justifier le recours à la violence ».
Mélenchon n’a pas attendu jeudi pour livrer sa lecture du courrier à ses partisans, mardi soir. « On nous invite à une réunion très étrange », a-t-il déclaré avec ironie.
Colère contre les accusations d’« ultra-gauche »
Le dirigeant insoumis a réservé sa réponse la plus vive aux propos attribués à Sébastien Lecornu, selon lesquels « un mouvement de l’ultra-gauche veut organiser un désordre profond dans le pays jusqu’à l’élection présidentielle ».
« De qui parlent-ils ? Où ? Quand ? Comment ? Ce n’est pas une plaisanterie ! », a réagi Mélenchon, dénonçant des accusations selon lesquelles son camp chercherait à exploiter les troubles pour s’emparer de la présidence. « Comment peuvent-ils croire qu’on est aussi bêtes ? », a-t-il ajouté, avant de s’en prendre aux « dictateurs en herbe qui manient l’opposition politique comme un fouet ».
« Croit-il vraiment qu’en attaquant des commerces on compte reprendre le pouvoir ? », a poursuivi Mélenchon, rejetant tout lien entre LFI et les destructions.
Délégation insoumise encore non désignée
La France Insoumise n’a pas encore précisé qui occupera sa place à la table jeudi. La réunion doit rassembler les chefs de partis à la résidence officielle du Premier ministre, alors que le gouvernement cherche à apaiser les tensions après un week-end d’affrontements qui a relancé le débat sur la stratégie de maintien de l’ordre et la gestion des manifestations du 17 octobre.
