La Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni a répondu à plusieurs jours de manifestations violentes de jeunes par une série de mesures sécuritaires strictes, déployant l’armée à Milan et œuvrant à faciliter la détention de mineurs dès l’âge de 14 ans. Ce tour de vis a suscité de vives critiques de l’opposition, qui accuse le gouvernement de « militariser les villes ».
Les protestations, nées de la hausse du coût de la vie et de l’inquiétude des étudiants quant à leur avenir, se sont intensifiées ces derniers jours, notamment dans les villes du nord que sont Milan, Turin et Bologne, où les rassemblements ont dégénéré en affrontements avec la police. Des commerces ont été pillés et des vitrines brisées — des scènes que le gouvernement a qualifiées d’inacceptables.
Une réponse martiale aux troubles de la rue
Le train de mesures de Giorgia Meloni va au-delà du déploiement de troupes à Milan. Il comprend des dispositions visant à faciliter la détention provisoire des mineurs à partir de 14 ans ainsi que la création d’une nouvelle infraction de « participation violente à une manifestation ». Selon les critiques, cette réponse s’inspire de l’arsenal sécuritaire de sa lignée politique plutôt que de traiter les griefs à l’origine des troubles.
L’opposition a condamné ces mesures comme une réaction disproportionnée à une protestation sociale, avertissant que l’envoi de soldats dans les rues des villes risque d’envenimer une situation déjà tendue plutôt que de l’apaiser.
La colère face au coût de la vie alimente la révolte
Comme en France, où des protestations similaires ont éclaté ces derniers jours, les troubles en Italie trouvent leur origine dans l’envolée du coût de la vie et dans un sentiment de désespoir chez les jeunes quant à leurs perspectives. Les manifestations étudiantes ont dans certains cas dégénéré en pillages et en vandalisme, à l’image des violences observées en marge des rassemblements à Paris.
Les mesures semblent avoir peu intimidé la jeunesse italienne ou les syndicats. De nouvelles manifestations sont prévues dans tout le pays ce week-end, et des appels à une grève générale ont été lancés à partir du 30 octobre.
Une vague de protestation qui franchit les frontières
Les troubles s’inscrivent dans une vague européenne plus large. La France se prépare à une nouvelle série de manifestations le samedi 24 octobre, et plusieurs pays ont invité leurs ressortissants à la prudence après les violences qui ont accompagné les protestations du 17 octobre en France.
Le slogan « Tout le monde déteste la police », longtemps incontournable des manifestations de rue françaises, a aussi traversé les frontières, repris par des manifestants au Royaume-Uni et ailleurs — un signe que la colère liée au coût de la vie et aux pratiques policières est de plus en plus partagée au-delà des frontières.
