Un mouvement social inattendu à Caen
Les conducteurs de trains du dépôt SNCF de Caen ont exercé leur droit de retrait le mercredi 23 septembre, selon la CGT, après ce que les syndicats qualifient de quasi-déraillement. Cet incident survient à peine deux semaines après qu’un train de voyageurs est sorti des rails sur la ligne Rouen-Caen, faisant 44 blessés.
L’action, confirmée par la CGT aux médias locaux, a déclenché ce que la SNCF appelle un « mouvement social local inattendu ». Le trafic devrait être « fortement perturbé » sur l’ensemble du réseau ferroviaire normand tout au long de la journée.
Une éclisse fissurée découverte sur la ligne Coutances-Folligny
Le conflit porte sur un incident signalé lundi, lorsqu’un cheminot a découvert une éclisse cassée — la plaque métallique qui relie deux sections de voie — sur la ligne reliant Coutances à Folligny dans le département de la Manche.
La CGT n’a pas tardé à établir un parallèle historique. « C’est ce type de défaillance qui a conduit au terrible déraillement de Brétigny en 2013 », a déclaré le syndicat, en référence à l’accident au sud de Paris qui a tué sept personnes et fait des dizaines de blessés. Dans cette affaire, un tribunal français a finalement condamné la SNCF pour homicide et blessures involontaires.
« Aller au travail avec la boule au ventre »
David Cardin, secrétaire général de la CGT Cheminots à Caen, a déclaré que l’ambiance parmi le personnel est à la profonde anxiété.
« Les collègues vont au travail avec la boule au ventre », a déclaré M. Cardin aux médias locaux mercredi matin. Par ce retrait, le syndicat espère forcer une réponse de la direction de la SNCF.
Le droit de retrait permet aux salariés de se soustraire d’un lieu de travail qu’ils estiment raisonnablement présenter un danger grave et imminent — un mécanisme que le syndicat utilise désormais pour exiger des garanties urgentes de sécurité des voies.
Les suites du déraillement de Cléon
Ce nouveau bras de fer intervient après qu’un train transportant 186 passagers a déraillé le soir du 11 septembre à Cléon en Seine-Maritime, sur la ligne Rouen-Caen. L’accident a fait 44 blessés, dont un grave.
Cet incident avait déjà accentué l’examen de la maintenance des infrastructures sur les lignes régionales normandes, et la découverte de l’éclisse fissurée quelques jours plus tard n’a fait qu’aggraver les inquiétudes parmi le personnel de terrain.
- 11 septembre : un train de voyageurs déraille à Cléon sur la ligne Rouen-Caen ; 44 blessés, dont un grave.
- 21 septembre : un cheminot signale une éclisse cassée sur la ligne Coutances-Folligny.
- 23 septembre : les conducteurs de Caen exercent leur droit de retrait ; trafic fortement perturbé en Normandie.
La SNCF se prépare à des perturbations sur tout le réseau
La SNCF a confirmé les perturbations sur les réseaux sociaux, les attribuant à l’action sociale locale. Le retrait affectant des conducteurs basés dans un dépôt clé de Normandie, les voyageurs de toute la région ont été avertis de s’attendre à des annulations et des retards importants.
La décision du syndicat met une nouvelle fois la pression sur l’opérateur pour qu’il démontre que les inspections de sécurité et les programmes de maintenance suivent le rythme du trafic ferroviaire régional — et pour rassurer des travailleurs qui affirment ne plus se sentir en sécurité pour conduire des trains sur des lignes qu’ils estiment se dégrader.
