Alors que la hausse des prix des carburants continue de peser sur les ménages français, le mécanisme proposé par le gouvernement pour redistribuer les recettes de TVA générées par cette flambée essuie de vives critiques dans les rangs de l’opposition. Un député de premier plan du Rassemblement national (RN) a qualifié ce plan de « totalement bidon ».
Une « règle d’or » jugée contradictoire
Le gouvernement entend proposer une « règle d’or » dans le budget 2027, qui redistribuerait le surplus de recettes de TVA généré par la hausse du coût des carburants, selon des informations confirmées par Matignon. Mais Thomas Ménagé, porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale, a déclaré mardi à franceinfo que cette mesure apparaissait « totalement bidon ».
Le député du Loiret soutient que cette idée contredit les déclarations antérieures du gouvernement, qui niait que la flambée des prix des carburants gonflait les recettes de l’État. « Soit ils pensent qu’il n’y a pas de surplus — et donc ils prennent les Français pour des idiots — soit il y en a un », a déclaré M. Ménagé, ajoutant que le gouvernement « devrait baisser la TVA plutôt que de créer un nouveau labyrinthe bureaucratique ».
De nouvelles mesures de soutien attendues
Le gouvernement doit dévoiler de nouvelles mesures de soutien à 17 heures pour les Français les plus touchés par la flambée des prix des carburants, alors même que sa marge de manœuvre budgétaire reste limitée et que les contraintes internationales à l’origine de la crise énergétique semblent devoir persister.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a cherché à rassurer les professionnels de santé, déclarant à RMC que « les infirmières ne seront évidemment pas abandonnées » dans le cadre du paquet d’aides. « Nous proposerons des mesures ciblées et responsables qui n’oublient pas les professionnels du soin », a-t-elle affirmé.
Le gazole « d’été » prolongé face aux tensions d’approvisionnement
Dans un geste exceptionnel, l’État a autorisé les distributeurs de carburants à continuer de vendre du gazole « d’été » pendant deux semaines supplémentaires, jusqu’au 15 novembre, invoquant des difficultés d’approvisionnement liées à la situation au Moyen-Orient. La décision a été publiée mardi au Journal officiel.
Normalement, les distributeurs sont tenus de commercialiser du gazole dit « d’hiver » — plus résistant aux basses températures — à partir du 1er novembre. Les bénéficiaires de cette prolongation doivent néanmoins assumer « l’entière responsabilité de tout problème pouvant résulter de l’utilisation de ce gazole » et informer les clients du risque de gélification du carburant dans les zones exposées aux gelées précoces.
Des prix toujours élevés
Le prix du gazole s’établissait en moyenne autour de 2,41 € le litre en France lundi, selon des données publiques. Les prix de l’essence étaient de 2,28 € pour le SP98 et de 2,22 € pour le SP95.
Par ailleurs, dans une lettre envoyée vendredi à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président Emmanuel Macron a appelé à des mesures d’urgence pour stimuler la production de carburants en Europe, plaidant pour un assouplissement temporaire des contraintes réglementaires.
L’opposition réclame des baisses d’impôts
Philippe Juvin, député Les Républicains et rapporteur général du budget, a déclaré à franceinfo que « le carburant est trop cher, les gens n’y arrivent plus, il faut les aider ». Il a exhorté le gouvernement à œuvrer pour un prix cible ne dépassant pas 2 € le litre, privilégiant la réduction ou l’annulation temporaire de certaines taxes plutôt qu’un gel des prix.
M. Ménagé a fait écho à ce sentiment, soutenant que « d’autres pays baissent les impôts » et avertissant que « quand le pays est à l’arrêt, les Français cessent d’investir ».
