Le maire de Concarneau a présidé, lundi soir, son premier conseil municipal depuis sa mise en examen pour viol et agression sexuelle. Malgré les pressions croissantes de ses opposants politiques, Quentin Gaillard refuse de démissionner.
Un retour sous tension dans l’hémicycle
Le maire de cette ville portuaire du Finistère, âgé de 28 ans, a été inculpé le 18 septembre à l’issue de deux périodes distinctes de garde à vue. Les faits allégués, rapportés par une jeune femme majeure, ont été catégoriquement démentis par l’élu, placé sous contrôle judiciaire.
La précédente réunion du conseil avait été annulée à la dernière minute en raison de la garde à vue du maire. Lundi, une salle comble a vu Gaillard rejeter les demandes de démission, adoptant même un ton badin dans un contexte qui s’y prêtait peu.
« C’est comme une très bonne rentrée scolaire, avec beaucoup de public et beaucoup de presse », a-t-il plaisanté, selon Ouest-France.
Contrôle judiciaire et maintien du mandat
Dans le cadre de son contrôle judiciaire, le maire a interdiction d’entrer en contact avec la plaignante. Les tribunaux ne l’ont toutefois pas empêché de continuer à exercer son mandat de maire.
Il a néanmoins été déchu de son rôle de vice-président de l’agglomération Concarneau Cornouaille. Cet élu de centre droit reste déterminé à demeurer à la tête de la ville de 20 000 habitants, défiant les appels de l’opposition à son départ.
Un capitaine dans la tempête
S’adressant directement à ses détracteurs, Gaillard a invoqué la présomption d’innocence et défendu sa décision de rester en fonction.
« Quand vous demandez ma démission, vous confondez la présomption d’innocence avec la présomption de culpabilité. Quand vous demandez ma tête, eh bien non », a-t-il déclaré. « Je vais le dire très clairement. Quand le bateau tangue, quand on traverse une tempête, le capitaine tient la barre, il tire les drisses, et surtout, il va jusqu’au bout. Il n’abandonne pas son équipage. »
Une action des Femen devant la mairie
La réunion s’est déroulée sur fond de protestation publique. Lundi matin, une militante Femen avait escaladé la façade de la mairie pour exiger la démission du maire, apparaissant seins nus avec des slogans inscrits sur le corps.
Cette inculpation a placé le jeune maire au centre d’un débat national sur la question de savoir si des élus faisant l’objet d’une enquête criminelle grave doivent continuer à exercer leurs fonctions. Gaillard, qui nie toutes les accusations portées contre lui, ne montre aucun signe d’abandon de son poste alors que la procédure se poursuit.
