La Cour Suprême Invitée à Considérer les Appels des Procès Militaires comme des Révisions

La Cour Suprême Invitée à Considérer les Appels des Procès Militaires comme des Révisions

ISLAMABAD : La Cour Suprême du Pakistan a été invitée à traiter les appels intra-cour relatifs aux procès militaires de civils comme des requêtes de révision plutôt que comme des appels, suite à une décision d’octobre 2023 par un panel de cinq juges. Cette proposition a été faite par l’avocat Uzair Karamat Bhandari, représentant le fondateur du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), Imran Khan, lors d’une session mercredi.

Le banc constitutionnel de sept membres, dirigé par le juge Aminuddin Khan, examine les appels contre une décision antérieure qui a invalidé les procès militaires de civils impliqués dans les troubles du 9 mai. L’avocat Bhandari a soutenu que les appels devraient viser à corriger les erreurs commises dans le jugement précédent, citant la décision de mars 2024 du juge Mansoor Ali Shah sur le Supreme Court (Practice and Procedure) Act 2023 comme précédent.

Le juge Muhammad Ali Mazhar a soulevé des questions sur les paramètres pour éventuellement modifier la décision précédente, soulignant la nécessité de respect et de décorum dans l’examen des décisions antérieures. Le juge Aminuddin Khan a noté le défi posé par les juges de l’actuel banc ayant des opinions divergentes de celles du panel précédent.

Le débat a également porté sur le rôle des forces armées dans les affaires judiciaires civiles, le conseiller de M. Khan affirmant que l’implication militaire dans les procès civils dépasse le cadre de l’article 245 de la constitution, qui limite les fonctions judiciaires de l’armée.

En outre, la cour a été invitée à envisager la formation d’une commission judiciaire pour enquêter sur l’inaction de la police lors des violences du 9 mai, comme suggéré par Sardar Latif Khosa représentant Barrister Aitzaz Ahsan. Khosa a souligné le nombre disproportionné de procès militaires et de condamnations, citant des rapports de la Commission Internationale de Juristes.

La session a vu des références aux normes internationales, le juge Syed Hasan Azhar Rizvi questionnant la fréquence des expériences de terrorisme par rapport au Pakistan dans d’autres pays, notamment ceux de la Commission Internationale de Juristes.

Les discussions ont également examiné le contexte historique des tribunaux militaires et l’indépendance de la justice, soulignée par les principes islamiques. Le juge Jamal Khan Mandokhail a remis en question l’histoire législative concernant le Army Act, demandant pourquoi aucun parlement n’avait aboli les sections controversées.

Alors que le banc délibérait, Aitzaz Ahsan a clarifié son soutien aux décisions antérieures de la cour, se distançant des réserves exprimées par son conseiller Salman Akram Raja concernant le jugement d’octobre 2023.

Les procédures continuent de souligner l’interaction complexe entre la juridiction militaire, la justice civile et le droit constitutionnel, alors que la Cour Suprême s’efforce de traiter ces questions légales et constitutionnelles essentielles.