La roupie pakistanaise devrait maintenir sa stabilité, avec un potentiel de légère appréciation dans les semaines à venir. Cette tendance est soutenue par les entrées saisonnières de transferts de fonds des travailleurs expatriés durant le mois sacré du Ramadan et à l’approche de l’Eid, selon une analyse financière.
**Une monnaie stable malgré les pourparlers avec le FMI**
La roupie a évolué dans une fourchette étroite sur le marché interbancaire la semaine dernière. Elle a clôturé à 279,55 contre le dollar américain lundi pour terminer légèrement à 279,47 vendredi. Cette stabilité intervient alors qu’une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) a entamé des discussions avec les autorités pakistanaises pour la troisième revue d’une Facilité Élargie de Crédit (FEC) de 7 milliards de dollars et la deuxième revue d’une Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD) de 1,1 milliard de dollar. L’achèvement réussi de ces revues débloquerait environ 1,2 milliard de dollars de financement pour le Pakistan fin avril.
**Le soutien crucial des transferts de fonds**
La plateforme financière Tresmark a souligné dans une note à ses clients que la roupie s’est appréciée d’environ 60 paisa depuis le début de l’année. Cette performance est notable dans un contexte difficile marqué par l’augmentation des tensions géopolitiques, dont un nouveau conflit dans la région, des préoccupations sécuritaires internes et des pressions économiques persistantes comme un déficit commercial qui se creuse.
« Les entrées saisonnières de transferts de fonds autour du Ramadan et de l’Eid devraient maintenir la demande pour la roupie à court terme », indique le rapport de Tresmark. Les données montrent que les transferts ont augmenté de 15,4% en glissement annuel en janvier pour atteindre 3,5 milliards de dollars. Cela contribue à une hausse de 11,3% à 23,2 milliards de dollars pour les sept premiers mois de l’exercice 2026, malgré une légère baisse mensuelle.
**Une stabilité qui défie les défis économiques**
Le rapport note que la fermeté de la roupie peut paraître contre-intuitive pour de nombreux économistes qui voient un bénéfice structurel limité à une nouvelle appréciation. Néanmoins, la monnaie a fait preuve de résilience. Tresmark conseille aux exportateurs aux coûts serrés d’envisager des contrats à terme, car les perspectives pour la roupie semblent « stables à légèrement plus fortes ».
Cette stabilité n’est pas un cas isolé. Le rapport souligne que plusieurs autres devises de marchés émergents soutenues par des réformes ou un « carry » élevé, comme la livre égyptienne et la roupie indonésienne, ont également tenu bon malgré les incertitudes géopolitiques mondiales.
