La visite prochaine du pape Léo XIV à Paris doit entraîner de fortes perturbations à l’hôpital Hôtel-Dieu, situé à quelques pas de la cathédrale Notre-Dame, sur l’île de la Cité. Des représentants syndicaux critiquent vivement cette situation, affirmant que des patients vulnérables en subissent les conséquences.
Une activité réduite pendant la visite pontificale
Vendredi 25 septembre, l’établissement fonctionnera à capacité nettement réduite, les mesures de sécurité liées à la visite du pontife transformant l’île en ce que Le Parisien a décrit comme « une bulle presque hermétique ». L’AP-HP, autorité hospitalière publique, a confirmé que seules les activités non programmées seraient maintenues : services d’urgence, unités mobiles d’urgence et hospitalisation psychiatrique.
« Toute l’activité programmée de cette journée sera reportée », a indiqué l’autorité, précisant que les patients concernés sont informés et se voient proposer de nouvelles dates de rendez-vous.
La CGT dénonce l’impact sur les soins
Le syndicat CGT de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris s’est fermement opposé à ces perturbations, soutenant que des patients atteints de pathologies graves doivent attendre plus longtemps pour des examens diagnostiques essentiels.
« Pour sa sécurité, ils ont décidé d’annuler des consultations avec des patients qui attendaient ces rendez-vous depuis des mois », a déclaré Asdine Aissiou, membre du syndicat, qualifiant la situation d’« inacceptable ».
Carole Matuszczak, secrétaire générale CGT de l’hôpital, a précisé que de nombreux patients concernés devaient passer des IRM ou des scanners liés à des pathologies graves.
Les services d’urgence seront maintenus mais « essentiellement redirigés vers d’autres hôpitaux », selon les représentants syndicaux. Des membres du personnel font état de pressions pour prendre des congés ou utiliser des jours de vacances pendant cette période. Les responsables syndicaux estiment que le retard dans les soins d’urgence présente des risques, notamment pour les patients victimes d’un AVC, pour lesquels un traitement rapide est crucial.
Un courrier adressé directement au pape
Dans une démarche inhabituelle, la CGT a envoyé le 10 septembre une lettre directement au pape Léo XIV, demandant au pontife d’intervenir auprès des organisateurs de l’événement.
« Nous comprenons les exigences liées à l’organisation et à la sécurisation de votre visite », a écrit le syndicat au « Très Saint Père ». « Cependant, celles-ci ne peuvent justifier que des malades — particulièrement les plus fragiles, pour qui l’hôpital public est parfois le seul recours — en subissent les conséquences. »
La lettre demandait au pape d’« intervenir auprès des organisateurs de votre visite afin que des mesures soient prises pour préserver les consultations et la continuité des soins des patients ».
L’AP-HP défend sa décision
L’AP-HP soutient que cette organisation exceptionnelle vise à « garantir la continuité et la sécurité des soins dans un contexte de fortes contraintes d’accès au site ». L’autorité a rappelé que l’Hôtel-Dieu avait déjà fonctionné à capacité réduite lors des Jeux olympiques et de la réouverture de la cathédrale Notre-Dame.
Le pape doit arriver à Notre-Dame vers 17h15 pour présider les vêpres avec le clergé, avant de traverser le parvis de la cathédrale — précisément là où se trouve l’hôpital. Les forces de sécurité seront déployées tout au long de son séjour, et la circulation routière et fluviale près de l’île de la Cité sera restreinte.
