Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu sa mission de revue en présentiel au Pakistan, exprimant sa satisfaction quant aux progrès du pays dans son programme de stabilisation économique, tout en mettant en lumière d’importants risques à moyen terme et des retards dans l’atteinte de plusieurs objectifs critiques.
Des pourparlers virtuels se poursuivront depuis la Turquie
La mission de revue, dirigée par Mme Iva Petrova, a tenu une session plénière avec le ministre des Finances Muhammad Aurangzeb et son équipe économique lundi. Suite aux réunions, il a été décidé que les négociations pour la troisième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) se poursuivraient virtuellement depuis la Turquie.
Une satisfaction tempérée par des inquiétudes
Des sources proises des discussions indiquent que si le FMI a reconnu l’amélioration de la stabilité macroéconomique et budgétaire du Pakistan, il a exprimé des préoccupations concernant des déficits dans des domaines clés. L’institution a souligné que sans la poursuite de réformes structurelles profondes, la trajectoire de croissance du Pakistan restait insoutenable.
Les domaines spécifiques de préoccupation soulevés par la mission du FMI incluent :
* Un déficit de recettes au sein de la Federal Board of Revenue (FBR).
* Des retards dans la mise en œuvre du plan de financement extérieur.
* Des amendements législatifs en attente relatifs aux entreprises publiques (SOE) et aux fonds souverains.
Les engagements de réforme du gouvernement
Lors des réunions, le ministre des Finances Aurangzeb a souligné la détermination du gouvernement à maintenir la discipline budgétaire et à préserver la stabilité macroéconomique, qu’il a présentée comme le fruit de « réformes soutenues et difficiles ». Il a exposé les progrès réalisés sur plusieurs fronts :
* Fiscalité : Des efforts de transformation complets de l’administration fiscale sont en cours, et des mesures ont été prises pour opérationnaliser un Bureau de politique fiscale chargé de guider une future politique fiscale axée sur la croissance.
* Privatisation et entreprises publiques : Le gouvernement a réaffirmé son engagement à faire avancer de manière transparente les principales transactions de privatisation et les initiatives de restructuration.
* Rationalisation de l’administration : Aurangzeb a détaillé les progrès concernant la fusion des ministères et la fermeture d’entités, un rapport indiquant qu’environ 54 000 postes fédéraux seront supprimés d’ici fin 2025, générant des économies annuelles estimées à 56 milliards de roupies.
* Croissance tirée par les exportations : Le gouvernement a réitéré son engagement en faveur d’une stratégie axée sur les exportations, soutenue par la facilitation des échanges et une rationalisation tarifaire.
Naviguer dans les vents contraires mondiaux
Le ministre des Finances a également reconnu les défis mondiaux émergents, notamment les développements géopolitiques et la volatilité des marchés internationaux de l’énergie, qui présentent des risques potentiels pour la reprise. Il a informé le FMI qu’un comité de haut niveau avait été constitué pour surveiller la situation et assurer des réponses politiques coordonnées.
Mme Iva Petrova a remercié le ministre pour son exposé complet. Les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions virtuelles dans les prochains jours. La réunion a également été suivie par le gouverneur de la State Bank of Pakistan, Jameel Ahmad, le secrétaire aux Finances, le président du FBR et d’autres hauts fonctionnaires.
