Le Fonds monétaire international (FMI) a exprimé de sérieuses réserves quant à la capacité du gouvernement pakistanais à augmenter ses recettes lors de l’exercice fiscal à venir. Ces inquiétudes font suite aux propositions d’abolir la super tax et de réduire les taux d’imposition sur le revenu des salariés. Selon des sources officielles, ces préoccupations ont été soulevées lors de récentes discussions virtuelles entre une mission du FMI et les autorités pakistanaises.
Au cœur du désaccord : des gains à court terme face aux objectifs à long terme
La mission du FMI a fait valoir que si des mesures ponctuelles de recouvrement — comme le règlement de litiges et la collecte d’arrérages de super tax — pourraient aider le Federal Board of Revenue (FBR) à atteindre son objectif actuel d’environ 13,5 billions de roupies d’ici juin 2026, elles n’offrent pas une trajectoire durable pour l’exercice 2026-27. Le projet du gouvernement de demander l’abolition de la super tax et une réduction de 5% des taux pour la classe salariée a poussé le prêteur à s’interroger sur la manière de combler le déficit de recettes qui en résulterait, estimé à 150 milliards de roupies pour la seule super tax.
Les responsables pakistanais ont rétorqué que la résolution de litiges judiciaires de longue date rapporterait des milliards de roupies pour plusieurs budgets, et non pas seulement comme un coup de pouce ponctuel. Le FMI reste toutefois sceptique, ce qui a donné lieu à un débat houleux lors d’une réunion virtuelle vendredi dernier.
Ajustement monétaire et finalisation du budget à l’ordre du jour
Outre les questions fiscales, le FMI aurait conseillé d’ajuster la roupie pakistanaise par rapport au dollar américain en fonction du taux de change effectif réel (REER). Cet ajustement pourrait voir la roupie se déprécier pour atteindre une fourchette de 290 à 300 contre le dollar, contre un taux actuel d’environ 280.
Tous les détails pertinents devraient être finalisés lors des pourparlers en personne de la mission du FMI prévus en mai 2026, qui viseront à arrêter le budget du prochain exercice fiscal. Ces discussions suivront les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, D.C., en avril.
Préparatifs du gouvernement et alternatives requises
Le nouveau Bureau de la politique fiscale (TPO) au sein du ministère des Finances a commencé les préparatifs des propositions budgétaires pour l’année prochaine. Selon des sources, bien qu’une réduction des taux d’imposition pour les salariés à revenus élevés — coûtant environ 15 à 20 milliards de roupies — soit possible, le FBR doit présenter des mesures alternatives de recettes concrètes pour obtenir l’approbation du FMI.
Le message global du FMI est clair : si le Pakistan souhaite rationaliser ses taux d’imposition, il doit identifier et mettre en œuvre des alternatives robustes en matière de taxation et de génération de recettes pour combler le déficit fiscal anticipé.
