Dans une réponse vive aux accusations du Premier ministre François Bayrou, les anciens ministres français Élisabeth Guigou et Ségolène Royal ont vigoureusement défendu leur position face aux allégations liées au scandale de Notre-Dame de Bétharram. Cette affaire contentieuse a déclenché une guerre de mots au sein du paysage politique français.
Élisabeth Guigou, qui a occupé le poste de ministre de la Justice sous l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, a qualifié les accusations de « misérable controverse politique ». Elle a souligné l’indépendance du système judiciaire dans le traitement de l’affaire Notre-Dame de Bétharram, qui impliquait des actes de violence répétés dans une institution catholique près de Pau. Guigou a noté que pendant son mandat, trois avertissements écrits lui auraient été envoyés entre 1998 et 2000, laissant entrevoir des problèmes potentiellement graves au sein de l’établissement.
Ségolène Royal, alors ministre de l’Éducation scolaire, a exprimé son indignation face à ce qu’elle a qualifié « d’attaques indignes d’un Premier ministre paniqué ». Elle a annoncé son intention de porter plainte pour « diffamation et dénonciation calomnieuse ». Royal a souligné son engagement contre les abus sexuels sur mineurs, mettant en avant les mesures proactives qu’elle avait prises pendant son mandat.
La controverse a été ravivée lorsque François Bayrou, en réponse à des questions parlementaires, a ciblé le gouvernement Jospin, affirmant que des informations critiques concernant le scandale avaient été transmises au ministère de la Justice en 1998. Bayrou, qui était ministre de l’Éducation de 1993 à 1997, a nié toute connaissance préalable des agressions et viols présumés qui auraient eu lieu entre les années 1970 et 1990. Il a affirmé qu’une inspection avait été ordonnée en 1996 suite à la plainte d’un élève violemment giflé par un surveillant.
Bayrou a insisté sur le fait que le procureur général avait informé à plusieurs reprises le ministère de la Justice en 1998 de la gravité des incidents, notamment immédiatement après l’arrestation du Père Carricart, ancien directeur de l’établissement accusé de viol. Il a spécifiquement mentionné Élisabeth Guigou, alors ministre de la Justice.
Au milieu de cette tourmente politique, Royal a mis au défi Bayrou de clarifier s’il avait appliqué sa circulaire de 1997 contre les abus sexuels sur mineurs, qui préconisait d’écouter tous les enfants impliqués et de signaler les faits au procureur.
La tension politique autour de l’affaire Bétharram continue de croître, alors que Guigou et Royal restent fermes dans la défense de leurs actions durant la période concernée, appelant à la responsabilité et à la transparence des responsables gouvernementaux actuels et anciens.
