Un geste anodin aux conséquences potentiellement dévastatrices. Alors que la France continue de lutter contre de violents incendies de forêt qui ont déjà ravagé 117 000 hectares cette saison, une part significative de la population persiste dans une habitude dangereuse. Selon un nouveau sondage Ipsos BVA réalisé pour la Fondation Vinci Autoroutes, 17% des fumeurs admettent jeter leur mégot par la fenêtre de leur véhicule en conduisant sur l’autoroute.
L’enquête, publiée le vendredi 31 juillet, dresse un tableau alarmant d’une incivilité persistante sur les routes, alors même que le pays reste en alerte maximale face aux incendies. Les données montrent que 32% des fumeurs n’utilisent pas de cendrier portable pendant leurs trajets. Ces résultats surviennent malgré l’avertissement ferme du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui a déclaré jeudi que le risque d’incendie reste « extrêmement important », précisant que plus de 14 000 feux ont été recensés depuis le début de la saison.
**Une prise de conscience forte, une négligence persistante**
Paradoxalement, la sensibilisation du public au danger est élevée. L’étude révèle que 87% des Français considèrent le fait de jeter un mégot par la fenêtre d’un véhicule comme un « risque majeur de déclencher un incendie ». En outre, un tiers des personnes interrogées (33%) déclarent avoir déjà été touchées, directement ou indirectement, par un feu de forêt, et 60% estiment qu’il est probable qu’elles en subissent les conséquences dans les années à venir.
Malgré cette prise de conscience écologique, les incivilités persistent. Le sondage révèle que près d’un Français sur quatre (24%) admet encore jeter des déchets par la fenêtre de sa voiture sur l’autoroute, une proportion en hausse par rapport à 2025. Pas moins de 18% estiment que « ce n’est pas grave » de jeter un petit détritus depuis une voiture sur l’autoroute. Ce comportement est encore plus marqué dans les espaces publics, où plus d’un Français sur trois avoue jeter des déchets au sol, un chiffre qui grimpe à près d’un sur deux (46%) chez les moins de 35 ans.
**Conséquences juridiques et origines humaines**
Bien que fumer dans une voiture ne soit pas généralement interdit par la loi française, sauf si un mineur est présent ou que cela entrave la conduite en toute sécurité, des réglementations spécifiques ciblent le risque d’incendie. Depuis 2023, fumer en forêt est interdit pendant les périodes de risque d’incendie. Le fait de jeter un mégot qui provoque un incendie involontaire entraîne de lourdes sanctions pénales, notamment jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende de 150 000 € dans les cas les plus graves impliquant des pertes humaines.
L’enjeu est indéniablement crucial. Selon les ministères de l’Intérieur et de la Transition écologique, 90% des incendies de forêt sont d’origine humaine, et plus de la moitié sont causés par des négligences ou des comportements dangereux. L’enquête, menée en ligne du 19 au 23 juin auprès de 2 279 personnes représentatives de la population française âgée de 16 à 75 ans, sert de rappel brutal des conséquences potentiellement catastrophiques d’un simple acte de négligence.
