Des adultes qui formaient un cordon de protection entre des policiers et des élèves devant un lycée de Nanterre ont été confrontés à ce que le personnel décrit comme une intervention policière disproportionnée et violente, pendant deux journées de mobilisation étudiante à l’échelle nationale, selon un communiqué publié par le personnel de l’établissement.
Un cordon de protection chargé par les forces de l’ordre
Lors des journées de protestation étudiante de mercredi et jeudi devant le lycée Joliot-Curie, dans la banlieue parisienne de Nanterre, de nombreux adultes se sont placés entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants. Selon le personnel de l’école, les policiers ont alors avancé « sans sommation ni aucune forme de communication ».
Dans un communiqué daté du 2 octobre, le personnel a dénoncé ce qu’il qualifie d’interventions « disproportionnées » et a décrit ces événements comme des « violences policières ».
Des lanceurs de balles de défense pointés vers la foule
Le personnel rapporte d’abord que, lors de la première journée de protestation, des lanceurs de balles de défense ont été « directement pointés vers les élèves et les adultes présents ». Il a ensuite demandé qu’aucun policier ne soit posté près du lycée le lendemain.
Or, selon son récit, une ligne de policiers équipés de matraques télescopiques, de boucliers et de lanceurs de balles de défense a pris position sur l’avenue face aux adolescents. « Alors que tout le monde restait immobile », les forces de l’ordre auraient avancé « au pas, boucliers en avant », et ont chargé les adultes.
Un élu et un enseignant pris à partie
Un élu municipal aurait été « frappé à plusieurs reprises avec une matraque », et un agent aurait placé son avant-bras contre la gorge d’un enseignant « pour le faire reculer ». Le personnel fait également état d’insultes et de menaces, notamment des phrases telles que « c’est toi que je vais frapper » et des propos dégradants visant des femmes.
Selon le même communiqué, des véhicules de la BRAV-M ont en outre été déployés derrière les élèves, provoquant des « mouvements de foule terrifiés ». Un élève mineur de l’établissement aurait été interpellé de manière « très violente », plaqué au sol par deux agents, dont l’un s’est assis sur lui.
Une répression qui s’intensifie dans tout le pays
Depuis le début des blocages lundi, plus de 5 000 personnes ont été interpellées dans tout le pays, selon le ministère de l’Intérieur. À Tours mercredi, un jeune homme de 16 ans a perdu l’usage de son œil droit après avoir été touché par un lanceur de balles de défense.
L’incident a donné lieu à une enquête, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) étant chargée d’examiner la blessure. L’adolescent touché par le lanceur a subi une double fracture de la mâchoire.
Des violences dans toute la France
La répression s’est étendue au-delà de la région parisienne. À Nantes, l’entrée du lycée Mandela a été dévastée par un incendie spectaculaire. À Marseille, une passante a été brûlée au visage par une bombe lacrymogène enflammée. Des étudiants et des campus universitaires ont également rejoint le mouvement de protestation des lycéens.
Les autorités ont indiqué que les forces de l’ordre interviendraient lors des blocages de lycées dans les cas impliquant des violences. Dans la seule région Île-de-France, 85 pour cent des personnes interpellées lors des blocages scolaires sont mineures.
