Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé la France d’avoir cédé à « l’invasion de l’islamisme extrémiste », réagissant aux violences qui ont éclaté dans le pays durant le week-end, en marge de manifestations étudiantes et de protestations sur le pouvoir d’achat.
Une intervention sur i24News
S’exprimant mardi 20 octobre lors d’un entretien accordé à la chaîne francophone i24News, le dirigeant israélien a livré une interprétation de la situation qu’il n’a pas étayée, affirmant que les autorités françaises n’avaient pas anticipé les troubles.
« Ils ne se sont pas préparés à temps, ils ont simplement abandonné, ils ont cédé à l’invasion de l’islamisme extrémiste », a déclaré Netanyahu à l’antenne.
Le Premier ministre israélien est allé plus loin, avertissant que les conséquences dépasseraient les frontières françaises. « Que vous soyez chrétien ou musulman, ils vous dévoreront tous, ils dévoreront la France, ils dévoreront l’Europe », a-t-il affirmé.
Interrogé sur les conseils qu’il adresserait à la France, Netanyahu s’est montré sans ambiguïté : « Battez-vous, ne jouez pas la carte de l’apaisement, combattez les extrémistes. » Il a ajouté que « l’Occident n’a qu’un seul allié prêt à se battre [pour vous], et c’est Israël ».
Un écho à la rhétorique de Trump
Les propos de Netanyahu font directement écho à ceux du président américain Donald Trump, qui a multiplié ces derniers jours les déclarations alarmistes sur la situation en France, en s’affranchissant lui aussi de l’exactitude factuelle.
Lors d’un meeting de campagne pour les élections de mi-mandat lundi, Trump a décrit la France comme « prise, pillée et brûlée par les migrants, les djihadistes et les communistes ». Sur son réseau Truth Social, il avait également affirmé que « les migrants ont conquis la France », avant d’appeler les autorités françaises à fermer leurs frontières.
Un lien controversé avec l’attaque du 7 octobre
Netanyahu est allé plus loin encore, reliant explicitement les violences du week-end à l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Il a affirmé avoir mis en garde le président français Emmanuel Macron après cette attaque.
« Si nous ne les éliminons pas, vous les aurez à Paris », a-t-il dit avoir déclaré à Macron, ajoutant : « C’est exactement ce qui se passe. »
Ce rapprochement apparaît très ténu, aucun élément ne liant les violences du week-end — survenues en marge de manifestations — à une « invasion de l’islamisme extrémiste ».
Des tensions diplomatiques accrues
Ces déclarations ne devraient pas améliorer les relations franco-israéliennes, nettement dégradées ces derniers mois. Depuis la reconnaissance par la France de l’État de Palestine en septembre 2025, Netanyahu critique vivement Macron, l’accusant d’« attiser le feu antisémite » en France.
Les violences du week-end ont donné lieu à des troubles généralisés dans les villes françaises, les autorités ayant instauré des couvre-feux dans plusieurs endroits, dont Paris, où ces mesures ont eu des conséquences inattendues pour certains habitants.
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est sous le feu des critiques concernant la gestion de la situation par le gouvernement, des voix s’interrogeant sur la stratégie de renseignement et de police déployée durant les troubles.
