Malgré une rivalité de longue date, Rennes et Nantes ont conclu qu’une coopération plus étroite sert leurs intérêts communs. Si un projet de fusion a échoué lors de la grande réforme régionale française de 2015, les deux métropoles entretiennent une relation ouverte qui exige des ajustements réguliers. Lundi, la région Bretagne a franchi une étape importante en adoptant un nouveau plan de desserte ferroviaire visant à mieux relier les deux villes. Dans quelques semaines, le même vote sera soumis aux élus du conseil régional des Pays-de-la-Loire pour confirmer l’investissement.
Une liaison en 1 h 15 dès septembre 2027
À partir de septembre 2027, les habitants bénéficieront de « presque un train toutes les heures » reliant les deux capitales en 1 heure et 15 minutes, selon les deux régions.
Une offre en hausse de 30 %
Dans le cadre de ce plan, l’offre de trains express régionaux (TER) augmentera de 30 %, pour atteindre 26 liaisons quotidiennes en semaine et 16 le week-end. L’objectif affiché est clair : « combler les trous du matin et de l’après-midi » et « répondre à une forte demande ». Si le service fonctionne bien aux heures de pointe, il devient irrégulier au milieu de la journée, contraignant les voyageurs à attendre jusqu’à deux heures un TER qui met deux heures à parcourir les 100 kilomètres. Une offre qui n’a guère d’« express » et qui n’est manifestement pas compétitive face à la voiture, malgré ses avantages environnementaux indéniables.
En augmentant la fréquence, les deux régions espèrent répondre à une demande croissante, portée par la flambée des prix des carburants. Cette mesure pourrait aussi contribuer à soulager la pression sur les trains du matin et du soir, très fréquentés.
Une fréquentation en forte hausse
La région Bretagne a vu la fréquentation de ses trains régionaux augmenter de 60 % entre 2019 et 2025, un succès qui ne montre aucun signe d’essoufflement en 2026. Sur les six premiers mois, la fréquentation a progressé de 8 %, selon le président de région Loïg Chesnais-Girard. La région améliorera également son offre entre Quimper et Vannes, avec quatre liaisons quotidiennes supplémentaires sur l’arc sud.
Des gares et des infrastructures sous pression
L’augmentation prévue du service intervient alors que les gares de Rennes et de Nantes font face à des défis croissants, notamment une chaleur extrême qui a transformé les nouveaux bâtiments des gares en fours pendant les canicules. L’expansion ferroviaire coïncide aussi avec une activité plus large dans le secteur, la SNCF ouvrant les réservations pour les voyages de fin d’année et la concurrence sur les lignes à grande vitesse s’intensifiant.
